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Barrage. Et s'il ramenait le Couesnon à la raison ?

12 février 2012

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«Le Couesnon en sa folie a mis le mont en Normandie». On connait le dicton. Mais le Mont Saint-Michel pourrait passer, occasionnellement, à nouveau côté breton, grâce au barrage et une fois la digue cassée.

Le Couesnon divague beaucoup moins qu'à une époque, sans qu'il soit question de folie. Ou alors celle des hommes, diront certains. La rivière qui sépare historiquement la Bretagne et la Normandie ne peut plus passer à l'est du Mont Saint-Michel.

Lui rendre sa puissance hydraulique

La faute à la digue-route et ses parkings attenants. Mais également à l'ensablement de la baie, en partie naturel mais lié aussi à la création de polders. Toutefois, le changement est en marche...



Un barrage construit à la fin des années 60 a affaibli le courant du Couesnon. Le fleuve est presque devenu ruisseau, les sédiments se sont déposés. Le nouvel ouvrage, appuyé par des aménagements en amont comme en aval, doit lui rendre une bonne partie de sa puissance hydraulique, l'aidant à repousser au loin les dépôts. Le mont aura alors retrouvé son caractère maritime: il sera parfois complètement encerclé d'eau. En place depuis près de trois ans, le barrage donne déjà, dit-on, des résultats mesurables. Mais c'est au bout de 20 à 25 ans qu'il aura atteint, en principe, sa mission.

Il fonctionne dans les deux sens

«C'est un prototype qui n'a pas vocation à être reproduit ailleurs car ce lieu est unique», explique Romain Desguée, ingénieur chargé des questions hydrosédimentaires au syndicat mixte de la baie du Mont Saint-Michel. «Ce qui fait sa particularité, c'est notamment le fait qu'il fonctionne dans les deux sens: il retient puis relâche l'eau de la mer et celle de la rivière.» Il se veut également discret, pour être le moins visible possible depuis le monument lui-même... On pourra traverser le barrage qui a le bon goût, sur son balcon, de présenter, côté ouest, des symboles bretons et, de l'autre, ses alter ego normands. Sans oublier des écritures en latin, en arabe, en grec et en hébreu, pour rappeler l'époque dorée du lieu, le travail de ses moines copistes et les civilisations touchées par le rayonnement spirituel du Mont Saint-Michel. L'heure est bien à l'oecuménisme...

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