28 octobre 2009 à 11h56 - 1 réactions
Après sa condamnation à un an de prison ferme, hier, dans le cadre de l'Angolagate, une affaire sensible de trafic d'armes vers l'Angola dans les années 90, Charles Pasqua, 82 ans, a décidé de mettre les choses au clair. Selon ses dires, l'Elysée aurait été au courant du trafic "au plus tard à la fin de l'année 1995".
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"Le président de la République (de l'époque, ndlr) était au courant de l'affaire de ventes d'armes à l'Angola, le Premier ministre était au courant, la plupart des ministres aussi (...) je crois que le moment est venu de mettre les choses au clair", a déclaré le sénateur Charles Pasqua sur France 2.
Dans son jugement rendu hier dans l'affaire de l'Angolagate, ce vaste trafic d'armes à destination de l'Angola organisé notamment par Pierre Falcone entre 1993 et 1998, le tribunal va dans le même sens et dénonce "l'incurie" des autorités, sans pour autant exonérer les prévenus de leurs responsabilités.
"Les personnes poursuivies ne pourraient être tributaires de l'incurie des autorités françaises dont il était certain qu'elles avaient connaissance des faits, au plus tard à la fin de l'année 1995", note le tribunal.
A l'appui de cette assertion, le tribunal mentionne une note de la DGSE du 6 décembre 1995 rédigée pour "l'état-major particulier, le cabinet, le secrétaire général et le conseiller pour les affaires africaines à la présidence de la République" et pour les ministères de la Défense et des Affaires étrangères.
"Le gouvernement angolais a reçu de grandes quantités de matériel militaire provenant de certains pays de l'Est et de la Russie par l'entremise d'un intermédiaire français non-autorisé", révèle cette note citée dans le jugement et qui
mentionne "la société franco-slovaque ZTZ-OSOS dirigée, entre autres par un Français, Pierre Falcone".
Le devoir de révéler au procureur de la République des faits délictueux
Pour le tribunal, les autorités "avaient le devoir conformément à l'article 40 du code de procédure pénale, de révéler au procureur de la République des faits délictueux dont elles avaient eu connaissance dès le 6 décembre 1995".
M. Pasqua a été condamné mardi pour trafic d'influence à trois ans de prison, dont deux ans avec sursis et une amende de 100.000 euros d'amende, par le tribunal correctionnel de Paris. Il a annoncé qu'il allait faire appel de sa condamnation.