18 janvier 2010
Le principe de la maison en carton solide proposée par deux Alsaciens est simple: des structures en bois accueillent des plaques de carton collées ensemble, imperméabilisées et ignifugées avec un film polymère. Agrégées, elles forment un mur, un plafond, un sol qui, une fois assemblés, constituent une maison. «L'idée m'est venue il y a quatre, cinq ans», lors d'une fuite sous une toiture qui avait endommagé la laine de verre, remplacée à l'aide de panneaux de carton protégés par du nylon, relate Hubert Lê, directeur de l'établissement et service d'aide par le travail (ESAT) de Sainte-Marie, qui a déposé le brevet à l'Institut national de la propriété industrielle. Résistant, le carton possède de surcroît «des qualités d'isolation (thermique, phonique...) très intéressantes», renchérit son partenaire, Youcef Irmouli, docteur en sciences et techniques industrielles, à la tête d'une entreprise de produits de traitement, d'entretien et de rénovation du bâtiment.
Bon rapport énergétique
Menés au Centre de ressources des industries du bois d'Épinal, financés en partie sur fonds propres, les tests (thermie, résistance, phonie...) ont été effectués sur des panneaux de 20cm d'épaisseur, composés d'une trentaine de couches de carton ondulé collées ensemble. Les résultats, prometteurs, laissent entrevoir un rendement énergétique qui classerait leur maison au top du bâtiment passif, se félicite Youcef Irmouli. Actuellement, 270kw/m²/an sont nécessaires, en moyenne, pour chauffer une maison, alors qu'en 2012, les nouvelles normes imposeront 50kw/m²/an. «Nous serons plus bas que ça. Les valeurs obtenues lors des tests seront meilleures sur le produit fini», soutient Hubert Lé.
Un prototype érigé cette année
Une maison prototype de 100 à 120m², nécessitant 18 tonnes de carton, sera érigée, courant 2010, à Sainte-Marie, près de l'ESAT, où seront confectionnées les plaques de carton. Assemblé par une entreprise locale, le bâtiment subira une batterie de tests destinés à valider le concept «grandeur nature». Avec, en point de mire, le passage à la phase industrielle dès 2011. «La maison doit rester financièrement accessible», martèle Hubert Lê, qui souligne la dimension «économique, environnementale et sociale» du projet et verrait bien des ESAT continuer à fabriquer les plaques. Côté prix, aucun chiffre n'est, pour l'heure, avancé. Mais, selon des prospections menées en Allemagne, où la construction des maisons «basse consommation» est répandue, le prix moyen est de 3.500EUR/m² construit.

23 mai 2012 à 20h02 - 16 réaction(s)
23 mai 2012 à 18h21

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