14 décembre 2010 - 2 réactions
Le procès de Thierry Devé-Oglou, accusé du meurtre d'une étudiante lors d'une tentative de viol, s'est ouvert, hier, à Pontoise, devant les assises de l'Oise. Anne-Lorraine Schmitt, 23 ans, a été tuée de 34 coups de couteau, le 25novembre 2007, dans une rame du RERD.
Déjà condamné pour viol
Au-delà de ce drame, qui avait connu un très fort retentissement en France, c'est le procès de la récidive qui revient sur le devant de la scène. Thierry Devé-Oglou, aujourd'hui âgé de 47 ans, avait en effet déjà été condamné en février1996 par la cour d'assises de l'Oise à cinq ans de prison, dont deux avec sursis, pour un viol commis en janvier1995 dans un RER sous la menace d'un couteau. Il avait été remis en liberté en février1997. Les dates parlent d'elles-mêmes. «Pour ce viol, observe aujourd'hui le général Philippe Schmitt, le meurtrier présumé de notre fille encourait dix ans de prison. La cour d'assises de l'Oise l'a condamné à cinq ans, dont deux avec sursis parce qu'il geignait et pleurait à l'audience. La cour a eu pitié de lui et a cru un expert, réputé, qui parlait d'un simple ?écart de conduite? et qui concluait par cette phrase: ?Le renouvellement de l'acte paraît peu probable?». Le meurtre d'Anne-Lorraine Schmitt, l'aînée d'une fratrie de cinq enfants, est aussi survenu lors de l'examen par l'Assemblée nationale d'un projet de loi contre la récidive. «L'auteur de cet acte sera jugé et condamné. Plus encore que cela, je ne veux pas qu'il soit remis en liberté, une fois sa peine de prison effectuée», avait déclaré le président Nicolas Sarkozy, cinq jours après les faits.
Le combat d'un père
Aujourd'hui, le procès s'ouvre donc dans un contexte terriblement à charge pour la justice, qui n'a pas su évaluer la dangerosité d'un auteur récidiviste, déjà condamné pour des faits similaires, soumis à un traitement médical et à un contrôle judiciaire qu'il n'a jamais respectés. La cour d'assises de l'Oise consacrera d'ailleurs ses débats sur cette absence de prise en charge médicale et psychologique de l'accusé. Le père d'Anne-Lorraine Schmitt s'est, lui, lancé dans un combat pour «changer la justice». «Même s'il n'existe pas de solution-miracle, je pense que toutes les dispositions législatives qui vont dans le sens de plus de rigueur vis-à-vis de ce genre de criminels sont bonnes à prendre», a-t-il déclaré au Figaro. L'arsenal juridique pour prévenir la récidive, notamment en cas de crime sexuel, s'est développé ces dernières années, au fil de faits divers qui ont ému l'opinion: du suivi socio-judiciaire à la sanction en cas de refus ou d'interruption de traitements anti-hormonaux, en passant par la surveillance de sûreté.

23 mai 2012 à 20h02 - 16 réaction(s)
23 mai 2012 à 18h21

23 mai 2012 à 16h37 - 1 réaction(s)
23 mai 2012 à 13h40 - 1 réaction(s)