5 octobre 2011
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Gardé à vue, mis en examen, placé en détention... puis, suspendu de ses fonctions. Claude Guéant a ajouté une pierre au chemin de croix du n°2 de la PJ de Lyon, Michel Neyret. Un ministre de l'Intérieur qui n'exclut pas des mesures similaires à l'encontre d'autres policiers : "Tout dépend des décisions judiciaires", a-t-il dit.
Et de poursuivre : "C'est un véritable traumatisme pour la police nationale. M. Neyret était considéré comme un très grand flic, très efficace. La police nationale souffre, mais cela étant, elle est extrêmement exigeante en matière de déontologie et toutes les fautes sont sanctionnées avec rigueur, parce qu'elle a une mission, c'est de faire appliquer la loi".
Une "imprudence"
Cette descente aux enfers a été amorcée jeudi, lorsque l'IGS, la "police des polices", a, dans le cadre d'une vaste affaire de corruption, placé Michel Neyret en garde à vue. Et dès qu'il a reconnu avoir mis sur pied un système de rétribution de ses indics, ainsi qu'une "imprudence" dans la gestion de ce dernier. Il a, depuis, été mis en examen, notamment pour corruption et trafic de stupéfiants.
10 kg de cannabis
Les enquêteurs soupçonnaient Michel Neyret d'avoir détourné du cannabis avant son placement sous scellés ou sa destruction, afin de rémunérer des informateurs ou pour le revendre. Selon l'une des écoutes, il se serait engagé à fournir 10 kg de cannabis à l'un de ses indicateurs.
Un autre proche du milieu lyonnais mis en examen
Lundi soir, Michel Zaragoza, proche du milieu lyonnais et relation de l'ex-n°2 de la police judiciaire de la ville, a aussi été mis en examen, mais laissé en liberté sous contrôle judiciaire. Cet ancien braqueur reconverti dans le négoce automobile, âgé de 49 ans, est poursuivi pour "trafic de stupéfiants, blanchiment et association de malfaiteurs". Mais, selon sa défense, Me Paul-Richard Zelmati, il conteste ces faits, car, selon lui, "les éléments constitutifs ne sont pas réunis en l'état".
Arrêté jeudi et placé en garde à vue, Michel Zaragoza avait dû être hospitalisé en raison de problèmes cardiaques et c'est dans l'unité spécialisée de l'Hôtel-Dieu, à Paris, que sa mise en examen lui a été signifiée.
La PJ de Grenoble également touchée
Mardi après-midi, Christophe Gavat, chef de l'antenne grenobloise de la PJ, a, lui, été mis en examen pour "détournement de scellés" et "vol". Il a été laissé libre par les juges parisiens.
"Les enquêteurs cherchent à savoir s'il a récupéré de la résine de cannabis pour rémunérer un informateur, sur ordre de Michel Neyret", a dit Me Emmanuel Daoud, son avocat, ajoutant que son client contestait cette hypothèse.

23 mai 2012 à 20h02 - 16 réaction(s)
23 mai 2012 à 18h21

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