11 février 2012
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Eric Woerth, ancien ministre et ancien trésorier de l'UMP, a été mis en examen à deux reprises cette semaine par les juges d'instructions bordelais : la première fois mercredi pour trafic d'influence passif et la deuxième jeudi pour "recel à raison d'une présumée remise de numéraire" qui lui aurait été faite par Patrice de Maistre, l'ancien homme de confiance de Liliane Bettencourt.
"D'une manière générale, je conteste tous les faits qui me sont reprochés. Il n'y a aucune preuve contre moi d'une quelconque culpabilité. Je n'ai été qu'une seule fois reçu de toute ma vie chez Mme Bettencourt et en présence d'autres personnes", déclare ainsi au quotidien M. Woerth, s'exprimant pour la première fois depuis des mois sur cette affaire qui lui a coûté sa place au gouvernement. "Le juge (Jean-Michel Gentil, ndlr) fait son métier et je n'ai rien à dire là-dessus. Mais il met en relation des faits qui n'ont rien à voir entre eux. Depuis un an et demi, je démens avec force avoir reçu la moindre espèce", soutient-il encore.
"On exige de moi d'apporter la preuve de ce qui n'existe pas"
L'ancienne comptable des Bettencourt Claire Thibout affirme avoir remis 50.000 euros à Patrice de Maistre et qu'il les destinait à Eric Woerth pour la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Elle a dit aussi penser que M. de Maistre a pu aller chercher encore 100.000 euros pour la même raison sur des comptes suisses de Mme Bettencourt. "Mme Thibout reconnaît elle-même n'avoir assisté à aucun échange d'argent me concernant. On exige de moi d'apporter la preuve de ce qui n'existe pas. C'est mission impossible. Essayez, vous verrez !", affirme encore M. Woerth.
Il admet qu'à cette époque lui et M. de Maistre ont "pris, de façon assez banale, des cafés ensemble. Nous avons discuté de la campagne, de sa vie professionnelle, etc. Il souhaitait aussi me sensibiliser à la problématique des PME".
"J'ai la conscience tranquille"
Au sujet d'une commission rogatoire en Suisse pour vérifier les mouvements sur les comptes de Mme Bettencourt début 2007, il répond: "Rien ne me met en cause en ce qui concerne ces comptes". Il répète aussi qu'il "n'y a aucun lien" entre l'embauche de sa femme dans une société dirigée par Patrice de Maistre et la Légion d'Honneur qu'il lui a fait obtenir, "comme je le fais régulièrement pour d'autres, en tant que député".
Le procureur de Nice Éric de Montgolfier déclare que le nom de Patrice de Maistre figurait dans la liste des évadés fiscaux HSBC que M. Woerth a récupérée alors qu'il était ministre du Budget. "Je n'ai pas épluché cette liste nominativement", répond M. Woerth. "A cette époque, ni mon épouse ni moi n'avions alors connaissance des comptes suisses de Liliane Bettencourt". "Depuis le début, tout ce dossier est à charge contre moi, et je le vis comme une profonde injustice. Mais je n'ai pas peur, car j'ai la conscience tranquille", affirme-t-il.
27 mai 2012 à 15h54
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