17 février 2012 - 7 réactions
Si cette histoire ne ressort qu'aujourd'hui - sans qu'on sache véritablement pourquoi -, Jean-Marie Loret l'a pourtant consignée dès 1981, dans un livre intitulé "Ton père s'appelait Hitler". Sorti dans "l'indifférence générale", ce livre n'aura aucun écho. Ou presque. Au Japon, Jean-Marie Loret est reçu par la télévision publique, que celle-ci présente comme "le fils du dictateur nazi".
"Un jour, je faisais les foins..."
D'après LePoint.fr, tout serait parti d'une rencontre entre Charlotte Lobjoie, jeune fille alors âgée d'à peine 16 ans, et le caporal Adolf Hitler, du temps où celui-ci combattait les troupes françaises en Picardie. Hitler aurait fait la connaissance de la jeune Charlotte, à Fournes-en-Weppe, près de Lille. "Un jour, je faisais les foins, avec d'autres femmes, lorsqu'on vit un soldat allemand, installé de l'autre côté de la rue, aurait expliqué Charlotte Lobjoie bien des années plus tard. Après être allée à sa rencontre, la jeune paysanne fait la connaissance d'un inconnu qui "se montre attentif, puis chaleureux, et même amical", rapporte LePoint.fr.
"Fils de boche"
Leur relation aurait duré plusieurs semaines. Jusqu'à ce jour de 1917 où, "revenant un peu éméché d'une soirée avec un ami, il se fait très entreprenant auprès de Charlotte". "En mars de l'année suivante" - sublime ellipse - "naît un fils", relate encore l'hebdomadaire.
Quand il grandira, Jean-Marie Loret sera un "fils de boche", s'accrochant souvent avec les autres enfants de sa commune à ce sujet. En privé, sa mère reste très évasive sur la question. Pire encore, "miséreuse et vaguement honteuse", elle finira par le délaisser. Il sera alors confié à un couple chez qui l'une des soeurs de Charlotte est employée. En 1934, Jean-Marie Loret sera définitivement adopté par sa nouvelle famille. Silencieuse jusqu'au début des années 50, Charlotte Lobjoie aurait fini par révéler à son fils la véritable identité de son père. Quelques semaines avant son dernier souffle.
Une histoire qui entre "dans la longue liste des contes et légendes modernes"
Une histoire incroyable que Marianne2 fait toutefois rentrer "dans la longue liste des contes et légendes modernes" : cette "légende du fils caché d'Hitler" ayant en effet été balayée par un test ADN en 2008. Après avoir passionné de nombreux historiens outre-Rhin au cours des années 70, l'histoire de Jean-Marie Loret avait fini par trouver en la personne de l'historien allemand Werner Maser son plus farouche défenseur. Ses recherches mises en cause du fait de "leurs incohérences", Werner Maser avait toutefois fini par revenir, vers la fin de sa vie, sur certaines de ses affirmations.
Par ailleurs, la réponse à cette énigme avait été apportée en 2008, avec les révélations d'un journaliste flamand, Jean-Paul Mulders, affirme encore Marianne2. Après avoir remonté la trace de personnes ayant un lien de parenté avec Hitler, et en comparant leur ADN avec celui de Jean-Marie Loret, le journaliste se serait aperçu que celui-ci "ne partageait pas le chromosome Y avec les arrière neveux américains que portent tous les mâles d’une même famille". Aussitôt, la possibilité que le Français puisse être un fils caché d'Hitler s'écroulait.
Fils d'Hitler et... résistant
L'histoire que relate Le Point.fr serait donc totalement romanesque. Tellement romanesque qu'on aurait presque envie d'y croire. Car Jean-Marie Loret explique dans son livre que dès 1939, il n'avait pas hésité à entrer en Résistance. Durant l'Occupation, il deviendra même "Clément", du réseau de la résistance Organisation civile et militaire...
Air de famille
Pour relater son incroyable parcours, Jean-Marie Loret avait fait alors appel aux services d'un historien. Aujourd'hui également très contestées, les recherches de René Mathot aboutissaient toutes à la même conclusion : "Jean-Marie Loret est sans doute le fils d'Adolf Hitler". Un avocat, François Gibault, surnommé "l'avocat des causes troubles" par Libé en 1997, s'emparera également de cette "incroyable" histoire en 1979, qui fera donc l'objet d'un livre en 1981.
Une "fable" qui passionne les internautes
Véritable cheval de Troie, cette information s'est propagé sur le Net à une vitesse incroyable depuis ce vendredi matin. Mais, comme le rappelle encore Marianne2, ce n'est pas la première fois qu'elle passionne les internautes. Comme en atteste cet article de Rue89 qui, déjà, démontrait que la thèse défendue par le livre de Mathot et Loret n'était que pure imagination.

23 mai 2012 à 20h02 - 16 réaction(s)
23 mai 2012 à 18h21

23 mai 2012 à 16h37 - 1 réaction(s)
23 mai 2012 à 13h40 - 1 réaction(s)