16 octobre 2009 à 15h42 - 1 réactions
Le projet de la Commission européenne de comptabiliser l'impact de la pêche de loisirs pour le déduire des quotas alloués aux pêcheurs professionnels, suscite une controverse en Europe. Lundi le projet sera adopté ou rejeté par les ministres des 27 à Luxembourg.
Dans une proposition de mise en place d'un "régime de contrôle afin d'assurer le respect des règles de la politique commune de la pêche", Bruxelles envisage de tenir compte, quand il est significatif, de l'impact des prises faites par les pêcheurs du dimanche dans le calcul des quotas de pêche alloués aux pêcheurs professionnels.
Les prises faites depuis la côte, ou dans les lacs et les rivières, ne seraient néanmoins pas concernées, et il ne s'agirait que des espèces les plus menacées, à l'instar du cabillaud ou du thon rouge. Le projet "est très controversé", reconnaît un haut fonctionnaire européen.
Et pourtant, "il y a des cas où on va jusqu'à estimer que la pêche de loisirs a un plus grand impact que la pêche professionnelle" sur certains stocks de poissons, souligne un diplomate.
Selon une autre source diplomatique, une minorité de blocage s'est constituée parmi les gouvernements européens contre le paragraphe controversé.
Le Royaume-Uni, où le secteur de la pêche de loisirs (pêche au gros, sorties familiales de pêche à la ligne...) est particulièrement développé, est fermement opposé à l'idée. Les Espagnols aussi sont contre.
D'autres pays, comme la France, jugent également "absurde" d'introduire la pêche de loisirs dans les quotas mais sont favorables à des mesures d'encadrement pour limiter son impact, indique une source diplomatique.
Côté allemand, on s'interroge sur la façon dont seront estimées ou comptabilisées les prises des pêcheurs à la ligne. De fait, le texte prévoit que c'est aux Etats européens de trouver des moyens d'évaluer l'impact de la pêche de loisirs.
Le texte est soumis pour adoption lundi à une réunion des ministres de l'Agriculture et de la pêche des 27 à Luxembourg.
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