12 février 2012 - 6 réactions
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La Grèce, au bord du gouffre financier depuis deux ans, vit de nouvelles journées décisives dans l'attente, ce dimanche, d'un vote du parlement sur un nouveau programme d'austérité qui divise la classe politique et a de nouveau poussé, samedi, des milliers de manifestants dans les rues.
Pour la seconde journée consécutive, environ 3.500 manifestants se sont rassemblés en milieu de journée sur la place centrale de Syntagma, à Athènes. Quelque 4.000 personnes ont également manifesté à Salonique, la grande ville du nord du pays, selon la police. Les banderoles dénonçant "le chantage de la troïka" ou demandant "l'effacement de la dette" étaient brandies par une foule pacifique encadrée par un imposant dispositif de policiers, presque aussi nombreux que les manifestants.
La journée avait commencé par une action coup de poing des militants du front communiste syndical grec Pame qui ont déployé sur l'Acropole deux banderoles géantes dénonçant "la dictature des monopoles de l'Union européenne". L'absence de transports en commun dans la capitale grecque, paralysée par les débrayages dans les services publics, était l'une des explications données à cette faible mobilisation.
Vendredi, à Athènes, quelque 17.000 manifestants avaient répondu à l'appel des syndicats qui ont lancé jeudi un mouvement de 48h de grève générale. En marge de leur rassemblement, des affrontements avaient opposé de petits groupes d'individus jetant des pierres et des cocktails Molotov à la police qui a riposté par des tirs de gaz lacrymogènes.
Pour les syndicats, la véritable épreuve sociale doit se jouer ce dimanche quand les contestataires de tous bords sont appelés, vers 15H00 GMT, à affluer devant le parlement avant le vote nocturne du plan de rigueur exigé par les bailleurs de fonds de la Grèce pour débloquer un nouveau prêt vital de 130 milliards d'euros. Les manifestations massives de juin et octobre 2011 contre l'austérité supportée par le pays depuis deux ans avaient massé entre 50.000 et 100.000 personnes dans les rues de la capitale.
Le nouveau programme d'austérité, dont le contenu exact n'est pas encore connu, devrait notamment inclure une réduction de 22% du salaire minimum dans le cadre d'une déréglementation générale du marché du travail, la suppression dans l'année de 15.000 emplois publics et des coupes sur certaines pensions de retraite.
L'accord qui doit sauver la Grèce de la faillite sera soumis dans la nuit de dimanche à lundi au vote des parlementaires qui n'auront pas à se prononcer sur un programme détaillé de mesures économiques mais devront donner mandat au Premier ministre et au ministre des Finances Evangélos Vénizélos pour signer avec les bailleurs du pays le plan qu'ils exigent de la Grèce.
En plus de cette procuration, les députés devront également voter sur l'accord d'effacement de 50% de sa dette que le pays a conclu avec ses créanciers privés et les modalités de recapitalisation des banques grecques.

23 mai 2012 à 16h37 - 1 réaction(s)
20 mai 2012 à 10h56
20 mai 2012 à 09h40