14 juillet 2009
Y-a-t-il des degrés dans l'horreur lorsque le but est commun ? La réponse est Oui : notre système pénal individualise les peines selon les personnalités et la gravité des actes commis, de façon à ce que nul ne paie pour les crimes d'un autre. C'est un principe essentiel, un de ceux qui différencient justement une société civilisée d'une société barbare. La cour d'assises a-t-elle fait trop de différences ? C'est toute la question. Si la peine du chef est exemplaire, qu'en est-il de celle des autres, notamment de ceux qui ont bénéficié du sursis ? Les parties civiles et plusieurs associations de lutte contre l'antisémitisme le clament haut et fort, mais donner un avis est difficile dans la mesure où le huis clos n'a pas permis d'en savoir beaucoup sur le rôle des uns et des autres. On peut cependant observer que le jeune homme a été séquestré et torturé dans une cité pendant plusieurs jours, ce qui signifie qu'un grand nombre de personnes le savaient et se sont tues. Complicité ? Connivence ? Lâcheté ? Où a été placée la limite entre les personnes poursuivies et les autres ? S'il y a eu connivence, quel est le ciment qui a lié entre eux ces gens ? Est-ce l'antisémitisme dont on nous dit qu'il se répand dans les banlieues ? En ce cas, faut-il accentuer le caractère exemplaire de la peine, au détriment de son individualisation ? Chaque peine a un double aspect : punir le coupable et dissuader ceux qui seraient tentés d'en commettre de l'imiter. La peine juste est celle qui atteint ces deux objectifs.