31 août 2009
Après les embrassades de Martine Aubry et Ségolène Royal et les applaudissements des quadras Arnaud Montebourg et Vincent Peillon, enchantés de voir la première secrétaire du PS se rallier à leur projet de primaires élargies à tous les sympathisants de gauche, on attendait, à l'Université d'été socialiste de LaRochelle, la suite du débat relancé quelques jours auparavant par le chef de file d'Europe-Écologie, Daniel Cohn-Bendit:sur une éventuelle alliance électorale avec le MoDem. Marielle de Sarnez, la voix de François Bayrou, n'avait-t-elle pas fait le premier pas en fustigeant un «capitalisme inhumain» et un bouclier fiscal «injuste» et en insistant sur «ce qui nous rapproche»?
La taxe qui tue
Or, ce ne sont ni les arrière-pensées de Bayrou ni les bonus ni le chômage -ni même la proposition très à gauche de Martine Aubry pour une «mise sous tutelle» des entreprises qui font des bénéfices et licencient- qui ont occupé la scène. Mais le projet gouvernementald'une «contribution-climat-énergie dite «taxe carbone». Vendredi, la présidente de la région Poitou-Charentes, qui a décidément le sens des sujets«grandpublic» dénonce «cetimpôt insupportable, qui va assommer les familles n'ayant pas le libre choix de rouler propre».Samedi, la patronne des Verts, Cécile Duflot, invitée vedette, réplique, forte du score de son parti et Europe/Ecologie aux européennes (16%, comme le PS) :«Les démagogues anti-taxe carbone sont indécents... Ils risquent de se réveiller en 2010 comme en juin dernier». Hier midi, la maire de Lille tente de nuancer le propos de sa camarade Ségolène : «Nous voulons une fiscalité écologique qui ne soit pas celle envisagée par l'UMP». Mais trop tard.
Usine à gaz
Dans la matinée, Cohn-Bendit a frappé:«Ségolène Royal est ridicule. Si voter pour les primaires, c'est dire que la contribution climat-énergie, on n'en veut pas, c'est complètement idiot!». Exit le rêve de rassemblement. Dany le libéral-libertaire révèle son autre visage: celui d'un ayatollah de l'écologie, dont les amis ont déjà imposé au maire socialiste de Paris, Bertrand Delanoë, des travaux d'un coût exorbitant pour limiter la circulation en augmentant la pollution. L'ancien gauchiste de mai 68 se moque, au fond, de l'ouvrière retraitée logée dans un immeuble chauffé au fioul et des ruraux obligés de prendre leur voiture pour aller au travail. Que vise-t-il? La présidentielle? Il affirme n'en avoir aucune envie. En attendant, il ôte une épine du pied de Nicolas Sarkozy: embarrassé par la taxe qui divise aussi l'UMP, celui-ci peut espérer, en montant une usine à gaz qui permettrait de la rembourser aux pauvres, jouer les rassembleurs.
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