15 septembre 2009
Participer à la rupture du jeûne à l'occasion du Ramadan est, à l'évidence, un signal d'apaisement. Avec sa gaffe, Brice Hortefeux risque en effet d'être à Nicolas Sarkozy ce que Michel Poniatowski (Ponia) fut à Valéry Giscard d'Estaing. Derrière cette apparente balourdise, aggravée par la sanction récente d'un préfet soi-disant raciste, se cache néanmoins toute l'ambiguïté du sarkozysme, naviguant entre la droite dure et l'ouverture.
 Certes, l'intrusion de ces vidéos volées qui débouchent sur un procès de Moscou reste contestable. En son temps, Patrick Devedjian s'était fait surprendre à traiter une élue lyonnaise de «salope». Mais Brice Hortefeux est un récidiviste. Azouz Begag, l'ancien ministre de Dominique de Villepin, me racontait avoir, un jour, été traité à l'Assemblée comme «l'Arabe de service» auquel il était demandé de débarrasser le plancher «fissa». Brice Hortefeux, volontiers condescendant, apparaît ainsi comme le représentant d'une droite décomplexée, refusant le «politiquement correct», laquelle a porté Nicolas Sarkozy au pouvoir. La création du ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, dont Hortefeux fut le premier titulaire, apparaît largement à l'origine des 31% réalisés par le champion de la droite au premier tour de la présidentielle. Cela n'a pas empêché Brice Hortefeux de négocier des accords avec des pays africains afin de désamorcer la grogne que suscitait la politique de visas imposée par la France au continent noir. Tout comme le ministre de l'Intérieur a mis en place une instance de concertation avec les jeunes qui s'estiment harcelés par la police. Si Nicolas Sarkozy n'a pas désavoué son ministre et ami de trente ans, c'est parce qu'il lui a confié le flambeau de la lutte contre l'insécurité, l'un des marqueurs idéologiques de son action au même titre que le bouclier fiscal. Avec ses maladresses de langage qui pourraient remettre les cités en ébullition, le ministre de l'Intérieur marche sur les pas du «karcher» de son prédécesseur.
