8 mai 2009
En annonçant qu'il avait saisi la commission de déontologie pour entériner sa nomination comme directeur délégué à France Télécom dont Didier Lombard ne conserverait qu'une présidence honorifique, le directeur de cabinet de Christine Lagarde, Stéphane Richard, n'a pas voulu rééditer la polémique de l'affaire Pérol. Celle qui avait accueilli la nomination du secrétaire général adjoint de l'Élysée François Pérol à la tête de l'ensemble Banques populaires-Caisse d'Epargne avait enflé pendant plusieurs mois. Pour la première fois, médias et opposition dénonçaient en choeur un tel «pantouflage», bien dans la tradition française, où les grands commis de l'État convoitent la tête de grandes entreprises que leur culture énarchique conduit souvent à «couler».
Le rôle du CSA amoindri
De surcroît, dans un État qui a perdu du fait des privatisations et de la mondialisation bon nombre de ses leviers sur l'économie, le pouvoir présidentiel se perpétue, entre autres manifestations de sa puissance, à travers sa capacité de nommer aux plus hautes fonctions. Ayant finalement renoncé à démissionner le tandem Carolis-Duhamel à la tête de France-Télévisions, dont le financement a été entièrement modifié par la suppression de la publicité, ce qui renforce l'emprise de l'État, Nicolas Sarkozy a fait savoir que la nomination de Jean-Luc Hees à la présidence de Radio-France procédait de sa volonté. Au passage, le rôle du Conseil supérieur de l'audiovisuel se trouve désormais amoindri alors que l'instance de régulation avait été précisément créé afin de couper le cordon ombilical entre la politique et les médias.
Une nomination promise
On verra ce que décide la commission de déontologie sur cette nomination à France Télécom que Nicolas Sarkozy avait promise à son ami Stéphane Richard dont personne ne conteste la compétence. Tout comme celle de Jean-Luc Hees, grand professionnel de la radio. Dans cette période de crise qui malmène ses capacités d'action, le politique a besoin de montrer par des symboles qu'il a toujours la main. Ne serait-ce que pour réguler l'action des banques ou inciter les médias qui exaspèrent le pouvoir, à la modération.