29 octobre 2011 - 2 réactions
La résurrection de Sainte Ségolène. Elle sait rebondir, Ségolène Royal. Le 22octobre, lors de la convention d'investiture de François Hollande, même Martine Aubry, qui la déteste, a été obligée de reconnaître à la présidente de Poitou-Charentes «une place particulière dans notre parti». En saluant une femme «valeureuse», François Hollande, lui, a admis qu'il ne pourrait pas faire sans elle. Quinze jours plus tôt, pourtant, Royal pleurait devant les caméras après avoir fait 7% au premier tour de la primaire. On a cru que la Jeanne d'Arc du Parti socialiste était bonne à ranger, sinon au cimetière des espoirs déçus, du moins dans une maison de repos pour polytraumatisés de la politique. Erreur! En moins de trois jours, elle s'est remise dans le jeu en appelant à voter pour Hollande, alors même que c'est pour elle que c'était le plus difficile. Cela prouve une chose: cette femme aime la politique plus que tout. Il faudra compter avec les désirs d'avenir de celle qui est, d'ores et déjà, candidate à la présidence de l'Assemblée nationale.
Bayrou l'équilibriste.
Le patron du MoDem a beau prétendre l'inverse : François Hollande lui pose un problème. «Hollande n'est pas mou; il est centriste, comme toi», a dit à François Bayrou l'un de ses amis. Depuis, le Béarnais s'évertue à renvoyer dos à dos Hollande et Sarkozy. Jusqu'à quand? Il a promis à ses troupes qu'il donnerait une consigne de vote au soir du premier tour de la présidentielle, contrairement à 2007. Patrick Buisson, l'influent conseiller du chef de l'État, assure être prêt «à prendre le pari» que Bayrou soutiendra Sarkozy. «Bayrou a du sens politique et son analyse de la bulle Hollande est très juste», assure Buisson. Depuis quelques mois, même s'il ne s'en vante pas, le centriste est d'ailleurs un visiteur régulier du Président. Mais Hollande aussi lui a tendu la main, dès le soir de sa victoire. La déclaration du socialiste était sans équivoque: «Et puis, il y en a d'autres qui ne savent pas s'ils sont de gauche, qui savent qu'ils ne sont plus de droite, ce qui est déjà pas mal, et qu'il faudra bien accueillir le moment venu, s'ils le décident». Ce disant, Hollande a brisé un tabou et contredit ce théorème de Mitterrand: «Le centre, ce n'est ni à gauche ni à gauche». Conséquence: Bayrou a un dilemme. Pour y échapper, il n'a qu'une solution : être au second tour.
Le repentir de Sarkozy.
C'est assez rare pour être souligné: jeudi 27octobre, le Président a profité de son émission télévisée sur la crise pour... battre sa coulpe! «Il ne faut jamais s'énerver, a-t-il affirmé. Et quand on le fait, on a toujours tort». S'ensuivit un mea culpa préparé à l'avance. Il lui est arrivé, a-t-il dit, de s'emporter contre les banquiers, et «pas seulement contre eux», a-t-il précisé en souriant, alors même que ni Yves Calvi ni Jean-Pierre Pernaut ne le lui demandait! «Ça veut dire que je suis un être humain, et j'ai peut-être eu des torts dans ma vie...». Les communicants lui ont assuré que c'est en reconnaissant ses erreurs de comportement qu'il avait une chance de redevenir audible sur le reste. Car, enquêtes d'opinion à l'appui, ses conseillers estiment qu'«il y a avant tout un rejet de l'homme, et non pas de sa politique». Quoi qu'il en soit: le seul fait que Nicolas Sarkozy accepte de dire qu'il a eu tort est la meilleure preuve qu'il est candidat à sa réélection.