16 février 2010
En un demi-siècle, l'espérance de vie a progressé de près de quinze ans. Ce simple constat conditionne la nécessité d'évoluer sur les retraites pour que le système n'explose pas et que les générations, qui nous suivent, ne paient pas pour l'absence de courage des politiciens, lesquels n'arrivent plus à gérer la pénurie sur un continent en déclin. Nicolas Sarkozy en a convenu, tout en annonçant clairement aux partenaires sociaux qu'il ne passerait pas en force comme semblait le souhaiter Xavier Darcos sur ce délicat sujet méritant, selon lui, un «débat approfondi». Ce qui fait doucement rigoler quand on sait que la question faisait déjà l'objet d'un livre blanc sous Michel Rocard, même si quelques pas ont été effectués depuis sur les régimes spéciaux ainsi que sur l'alignement du public sur le privé. Certes, les Français réalisent à l'occasion de la crise que le sol se dérobe sous leurs pieds et freinent des quatre fers si l'on en croit les sondages. Ils ont mesuré, lors du sommet de Copenhague, à quel point leurs préoccupations vertueuses n'étaient pas partagées par les pays émergents qui concentrent les trois-quarts de la croissance mondiale entre New-Delhi et Shanghai. Même Barack Obama, obsédé par son face-à-face avec la Chine, ne prend plus la peine de se rendre en Europe pour les sommets internationaux. Face à Martine Aubry qui a le vent en poupe et a choisi de revenir au dogme des 60 ans, après un pas de deux, Nicolas Sarkozy, influencé par son conseiller Raymond Soubie, décide de temporiser, élections régionales obligent. La gauche se rengorge et les syndicats reprennent des couleurs. Rappelons simplement que les Allemands, qui ont fait les réformes structurelles que nous amorçons à peine, en sont à prolonger l'âge de la retraite non pas à 62 mais à... 67 ans. La France, elle, bat des records en matière d'endettement et de chômage.