19 octobre 2009 - 1 réactions
En déplacement, demain, en Haute-Marne, Nicolas Sarkozy, en baisse dans les sondages, devrait multiplier les initiatives pour tenter de reprendre la main.
Sisyphe, c'est ce pauvre homme condamné par les dieux à porter son rocher au sommet de la montagne. Dès qu'il y parvient, le rocher lui échappe et roule jusqu'en bas. Ces temps-ci, Nicolas Sarkozy semble illustrer cette figure pathétique de l'impuissance du pouvoir. Que de victoires remportées, pourtant, à la présidence de l'Europe l'an passé, puis dans le combat pour une gouvernance mondiale ? écologique et financière ? au G20 !
Des résultats salués par la presse britannique
Quant aux résultats nationaux, on les oublierait si la presse britannique, qui n'est généralement pas tendre avec les présidents français, ne nous les rappelait: en mai dernier, le très sérieux The Economist, décrivant «le modèle français», ne faisait-il pas figurer en couverture Gordon Brown dans l'eau jusqu'au cou, Angela Merkel les pieds mouillés... et Nicolas Sarkozy sur le podium du vainqueur? [/A_CLERC-Q]Or, loin de bénéficier de la bonne tenue de la consommation française, Sarkozy perd à nouveau un point, selon le baromètre du Journal du Dimanche, à38 %.
«Piston» désastreux
La faute à Frédéric Mitterrand? Sans doute. Mais la faute aussi au mot «coupable» lâché, à NewYork, contre Dominique de Villepin. Et, surtout, au piston donné à son fils Jean, dont le président de la République plaide la «compétence» pour diriger un énorme organisme, l'Établissement public d'aménagement de la Défense, alors que Jean vient seulement d'entrer, à 23 ans, en seconde année de droit, et qu'il ne doit sa place au conseil d'administration de l'Épad qu'au retrait d'un élu opportunément nommé par l'Élysée au Conseil économique et social! Comment, avec le sens politique qu'on lui connaît, Sarkozy père n'a-t-il pas vu que des millions de jeunes Bac + 2 et leurs millions de parents ressentiraient cette promotion, en contradiction avec le discours sur le travail et le mérite, comme une provocation?
Initiatives en vue
Une fois de plus, Sarkozy-Sisyphe va tenter de remonter la pente. Dès demain, après que son avocat, Thierry Herzog, aura fougueusement plaidé, aujourd'hui, contre Villepin, désormais son principal opposant, le Président, malgré la fatigue et le risque de manifestations, se rendra dans la Haute-Marne: pour visiter une usine et prononcer un discours sur la réforme territoriale. Selon sa théorie du mouvement, il multipliera ensuite les initiatives. Au passage, il concédera peut-être, comme il l'a fait dans Le Figaro, à propos de Clearstream («J'aurais mieux fait de m'abstenir») une ou deux erreurs. Mais Sarkozy-Sizyphe ne renoncera certainement pas à s'emparer de nouveaux leviers de pouvoir, indispensables, croit-il, pour mener à bien ses projets et pouvoir se proclamer, un jour, «plus grand réformateur que de Gaulle!».
