4 octobre 2009 - 1 réactions
Le marché des voyages se grippe à l'approche de l'hiver. Dans cette ambiance de crise, les clients sont frileux. Les promotions se multiplient pour réchauffer l'atmosphère.
Après une saison d'été fébrile, affectée par la crise économique, l'hiver commence mal pour les tour-opérateurs français. Confrontés à une chute des réservations, ils doivent aussi calmer les inquiétudes des futurs vacanciers à l'égard de la grippe A. «Depuis quelques années les clients réservaient à la dernière minute, cette année c'est à la dernière seconde», résume Anne-Françoise Le Roy, à l'agence Acta Voyages de Brest. «Les gens sont à l'affût des bonnes affaires».
Le succès des destinations proches
Durant la période mai-août, les recettes des voyagistes ont été amputées de 11,4%, tirées vers le bas par les promotions qui ont pesé sur les marges. Les vols long courrier ont accusé le coup. Seule la France a tiré son épingle du jeu avec une hausse de 1% des départs entre mai et août. Les agences bretonnes ont, malgré tout, profité de la mauvaise météo qui a affecté la région cet été. «Nos clients bretons sont partis essentiellement sur les destinations proches et moins chères du bassin méditerranéen», explique-t-on chez Selectour Bouard Voyages, à Saint-Brieuc.
Nouvelles Frontières, dans la même ville, a limité la casse grâce à des promotions sur la Grèce, la Crète, la Turquie et les Baléares. Avec, par exemple, des tarifs de 500 à 600 EUR la semaine en Grèce et en Crète. «En douze ans de métier, je n'ai jamais vu des promotions à ces prix-là», confie une responsable de l'agence. En septembre, Acta Voyages, à Brest, a fait le plein sur la Crète et la Corse.
L'attentisme explique aussi l'ampleur du plongeon des réservations pour l'hiver. L'île Maurice, qui affiche une progression de 25% et les Maldives (stable) échappent à la morosité. New York baisse de 16%, et les Antilles de 14%. La Thaïlande s'effondre de 33%.
Les agences de voyages veulent relancer les vacances en République Dominicaine, elle aussi en difficulté (baisse de 15%), en proposant des promotions qui peuvent atteindre 30%, voire davantage.
Ainsi, Ambassade Fram, à Rennes, annonce un prix d'appel de 990 EUR à certaines dates, au lieu de 1.200 EUR. Jet Tour Athalia, à Lorient, propose un séjour d'une semaine dans un hôtel cinq étoiles aux Maldives pour 2.193 EUR au lieu de 3.275 EUR pour deux personnes.
La crainte de la grippe A
Un seul secteur semble résister, celui des croisières. L'engouement pour la Méditerranée l'été, les Caraïbes (autour de 1.600 EUR), les Antilles (autour de 1.200 EUR) ou l'océan Indien l'hiver, se confirme. Cette déprime du marché des voyages est accentuée par la grippe A. La crainte d'une pandémie pèse sur les réservations. «Nous devons rassurer les gens qui nous interrogent sur le sujet», indique-t-on dans les agences. Les tour-opérateurs multiplient les offres d'assurance annulation ou assistance.
Certains font payer à leurs clients un supplément de 10 à 15 EUR pour couvrir le risque, d'autres l'ont intégré dans leur assurance multirisque, sans coût additionnel pour le client.
