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Fait du jour

Une ruée sur le Tamiflu «qui n'a pas de sens»

30 avril 2009

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Avec ou sans ordonnance, les Français réclament du Tamiflu aux pharmaciens. «Des achats de précaution», qui n'ont aucun sens aujourd'hui, martèle pourtant le président de l'Ordre national des pharmaciens.

Les pharmaciens français font face à une demande importante de Tamiflu, antiviral efficace contre le nouveau virus de grippe. Or, la période de grippe saisonnière étant terminée, il y a très peu de boîtes en officine. Certains clients cherchent à obtenir du Tamiflu sans ordonnance tout en sachant qu'il doit normalement être prescrit. D'autres, à l'occasion d'une visite chez le médecin, lui demandent alors une prescription.

«Aucun intérêt»

Ces «achats de précaution n'ont aujourd'hui aucun intérêt», martèle pourtant le président de l'Ordre national des pharmaciens, Jean Parrot. Pour lui, le message doit être clair: «On n'achète pas, on ne prescrit pas, on ne vend pas» de Tamiflu. «C'est une véritable bêtise de prendre ce médicament aujourd'hui», dans une volonté de prévention, souligne-t-il, «dans la mesure où, pour être efficace, il faut qu'il y ait eu une exposition certaine au virus». Selon lui, l'attitude panique du «chacun pour soi» n'a pas de sens dans un pays «doté d'éléments de nature à pouvoir faire face à un risque pandémique». On a 27millions de doses de Tamiflu en stock, précise-t-il. «Aujourd'hui les médecins généralistes en France n'ont aucune raison de prescrire quoi que ce soit, si ce n'est de rassurer les patients dans 99% des cas, et au moindre doute de les adresser à l'hôpital pour des analyses», renchérit Martial Olivier-Koehret, président du syndicat MG-France. Le cas des personnes, qui doivent se rendre au Mexique, fait exception et les autorités sanitaires admettent qu'elles se fassent prescrire du Tamiflu avant de partir, à utiliser si des symptômes apparaissent.

Attention sur le net

Sur internet, des sites sans scrupules profitent de l'aubaine. Ainsi, un site de vente de médicaments en ligne, qui se présente comme «une compagnie internationale, ayant des bureaux dans le monde mais opérant sous les lois de l'île Maurice», essaie d'aviver l'inquiétude. Jean Parrot rappelle aussitôt les dangers: au mieux on achète «de la poudre de perlimpinpin», mais il peut aussi s'agir de produits toxiques.

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