16 septembre 2009
«Depuis mercredi dernier, j'ai jeté 15.000 litres de lait et je suis prêt à aller jusqu'au bout», lance Yvonnig Candalh, 32 ans, qui exploite, avec son épouse, une ferme laitière (430.000 litres de quota annuel) et porcine (500 places d'engraissement) depuis six ans, à Pluvigner (56). «J'ai perdu, depuis le mois d'avril, 30.000EUR, dont 12.000EUR pour le seul lait, mais le porc est lui aussi en crise. Actuellement, nous ne nous versons plus de salaire avec un coût horaire du travail de 1,82EUR. Depuis septembre, le lait est payé autour de270EUR les 1.000 litres; il faudrait qu'il monte à 400EUR pour qu'on s'en tire. S'il le faut, je poursuivrai la grève du lait pendant un mois. Beaucoup de gens ouvrent les yeux au fil des jours et même des gros éleveurs. Ce n'est pas une décision facile à prendre de mettre son lait au caniveau, mais c'est comme les Arabes avec le pétrole, si nous nous y mettons tous et que nous asséchons les laiteries, Bruxelles cédera et révisera sa politique laitière. L'Europe ne doit pas supprimer les quotas, mais mettre en place une régulation pour que la production laitière colle aux besoins du marché. C'est la seule façon d'obtenir un prix rémunérateur». «La FNSEA nous a lâchés, explique Yvonnig Candalh. Je n'ai plus de carte du syndicat depuis avril. Si la FNSEA se joignait à notre mouvement, je suis certain que nous obtiendrions satisfaction rapidement. Aujourd'hui, nous sommes en train de crever, nous n'avons plus rien à perdre».
