7 avril 2010
Comment jugez-vous la manière dont la réforme de la retraite des infirmiers est abordée?
On a rajouté l'article30 (*) qui, au départ, n'était pas prévu dans le projet de loi. C'est un cavalier législatif. On veut passer en force. Il n'y a pas de discussion. Cet article vient remettre en cause la retraite des infirmiers. En fait, il y a deux choses: le recul de l'âge de départ à la retraite et la suppression pure et simple de la modification mise en place par la loi Fillon, qui reconnaissait notre pénibilité professionnelle.
Les infirmiers qui opteront pour le passage en A bénéficieront d'une sensible revalorisation salariale. La rejetez-vous?
Il y avait eu des engagements du président de la République en 2007. Il avait clairement dit que les infirmiers n'étaient pas suffisamment payés et qu'à la suite de l'intégration à l'Université, il y aurait une revalorisation substantielle. Or, le protocole présenté par Roselyne Bachelot est un protocole spécifique aux infirmiers mais ce n'est pas la grille type de la catégorie A.C'est un A inférieur et, en plus, on nous demande de faire cinq années de plus. En fait, c'est une manière d'autofinancer la réforme. Pour nous, c'est inacceptable.
Est-ce un choix cornélien pour les infirmiers?
Le choix ne va pas être cornélien pour les infirmiers. Ceux qui doivent partir dans les cinq ans à venir feront le choix de rester sur la grille B.Ils vont choisir le départ à 55 ans. Ils vont prendre leur retraite même s'ils doivent, pour avoir une pension acceptable, aller travailler dans un autre secteur d'activité que l'hôpital public. Pour les autres, on nous parle d'un départ à 60ans mais dans la réalité ils seront obligés d'aller plus loin pour avoir une pension acceptable.
L'âge de départ est-il pour vous non négociable?
Non, la discussion doit avoir lieu. On est prêt à discuter d'une réforme mais à condition que l'on prenne en compte les critères de pénibilité et que l'on reconnaisse cette pénibilité.
*Cet article30 qui traite de la retraite des infirmiers a été intégré au texte sur la modernisation du dialogue dans la fonction publique.