11 octobre 2007
Le Dr Pascal Lamy (notre photo) exerce à Damgan (56) en association avec son épouse. Bien qu'en zone littorale, il a souvent du mal à trouver un remplaçant. Vice-président de l'Union régionale des médecins libéraux, il se dit assez inquiet et pas convaincu par les mesures envisagées par le gouvernement.
La zone où exerce le Dr Pascal Lamy - le canton de Muzillac - n'est pas sous-médicalisée. Le nombre de médecins est pour l'instant suffisant mais leur moyenne d'âge est proche de 50 ans. « La situation peut devenir difficile assez rapidement », s'inquiète-t-il.
Pas si simple
Le fait d'être situées en zone littorale ne garantit pas qu'un jour Damgan et les autres communes du canton ne se retrouvent pas sans médecins. « Ce n'est pas si simple », observe le Dr Lamy. « J'ai souvent du mal à trouver un remplaçant. Plusieurs fois, j'ai dû annuler des vacances et même en août dernier je n'ai trouvé personne. » Même si, à 51 ans, il est encore loin de la retraite, le médecin avoue être « forcément un peu inquiet pour l'avenir. On voit les médecins en fin de carrière avoir de grosses difficultés pour trouver des successeurs ».
Maître de stage, le Dr Lamy accueille dans son cabinet de jeunes internes. Pourquoi sont-ils si peu nombreux à vouloir s'installer ?
« Il y a des médecins mais ce qui compte ce sont d'abord les conditions d'exercice. Quand je cherche un remplaçant, la première chose qu'on me demande c'est s'il y a des gardes à faire ».
Un faux problème
Pour le médecin, on ne règlera pas la question de la démographie médicale par des mesures coercitives, ni même par des incitations financières.
« Je crains que l'approche des pouvoirs publics ne soit pas adaptée à la réalité. En France, on procède toujours par grands coups de barre, d'un côté ou de l'autre. Ce n'est pas ainsi qu'il faut agir. C'est réellement en reconsidérant la profession de médecin généraliste que l'on arrivera à quelque chose. »
Ce qui passe par des regroupements, des systèmes de garde allégée, la possibilité pour les médecins d'avoir des assistants, etc. « Il y a toute une organisation du cabinet à mettre en place. »
Pour le Dr Lamy, la liberté d'installation c'est, en définitive, un faux problème. « On n'a aucun intérêt à aller là où il n'y a pas de travail ».
(Photo Y. C.)
