4 novembre 2009
Deux maxi-trimarans, des équipages expérimentés et motivés et le tour du monde pour terrain de jeu, l'affiche est somptueuse. Ce duel de géants sur le Trophée Jules-Verne s'annonce passionnant. Et Groupama 3 pourrait lancer les hostilités dès demain.
> Tour du monde en 45 jours, c'est possible!
> Groupama 3 sur le départ
> Le calme avant la tempête !
> Frères ennemis
L'été passé, Banque Populaire V de Pascal Bidégorry et Groupama 3 de Franck Cammas se sont déjà affrontés sur l'Atlantique Nord. Et le dernier mot est revenu au Basque et à son équipage qui ont réussi l'exploit de traverser l'Atlantique en 3 jours 15h25'48? à la moyenne impressionnante de 33 noeuds et avalé au passage 907 milles en 24heures. C'est dire le potentiel énorme du maxi-trimaran de 40 mètres vraiment bien né.
D'un 100 mètres à un marathon
Mais sur un parcours de 30.000 milles autour du monde, la donne sera différente. «Avec l'Atlantique Nord, nous avons couru un 100 mètres, ce qui nous attend va plutôt ressembler à un marathon. Le Trophée Jules-Verne est quelque chose qui se gère dans la longueur. Il faudra être vigilant. Nous abordons ce challenge avec humilité, pour beaucoup d'entre nous, il va y avoir une part de découverte», explique Pascal Bidégorry.
A part l'expérimenté navigateur belge Marc Van Triest plusieurs fois tourmondiste (*), plus Yann Elies et le Méditerranéen Florent Chastel qui étaient des deux campagnes victorieuses d'Orange, les autres marins de «Banque Pop» sont des néophytes des mers du Sud. «Nous partons sur un terrain inconnu mais ce qui est inconnu est attirant. On essaie d'imaginer et on écoute surtout ceux qui à bord l'ont déjà vécu», confie le Morlaisien Ewen Le Clech, impatient de vivre cette aventure et ce défi sportif.
Expérience sur Groupama 3
Du côté de Groupama 3, l'équipage peut faire valoir une vraie expérience du parcours. Si quelques nouveaux font leur apparition comme l'américain Stan Honey à la navigation, Franck Cammas s'est appuyé sur des «briscards» du tour du monde comme Loïc Le Mignon, Ronan Le Goff, Jacques Caraës, à bord du trimaran vert depuis le début en 2006, et également Lionel Lemonchois, lui aussi ancien d'Orange. Et en prime, Thomas Coville qui a tourné en solitaire avec son trimaran Sodeb'O est venu rejoindre le bord.
Pour cet «équipage de rêve» (dixit Cammas) qui est allé se préparer et renforcer sa cohésion à la montagne dans le massif du Mont-Blanc, ce tour du monde est placé sous le signe de la revanche. Revanche sur le mauvais sort qui avait stoppé le trimaran vert victime d'une avarie structurelle au large de la Nouvelle-Zélande, lors de sa précédente tentative en 2008 qui a impliqué sa reconstruction. Revanche sur la bande à Pascal Bidégorry qui a gagné la bataille de l'Atlantique cet été et ravi le record qui était la propriété de Groupama. Cammas est confiant: «Par rapport à notre première tentative, nous avons progressé. Nous avons renforcé significativement les flotteurs et parcouru beaucoup de milles pour mieux connaître le bateau et tester la structure pour gagner en confiance.»
Le sel d'un duel
Ce Jules-Verne se jouera en effet sur le potentiel des machines mais aussi sur leur fiabilité. Les deux protagonistes qui guettent la bonne fenêtre météo s'élanceront-ils avec peu d'écart? Cela ajouterait évidemment du sel à l'histoire mais aujourd'hui ce scénario n'est pas certain. «Au début du projet, j'aurais préféré le faire seul contre le chrono. Après réflexion, je reconnais qu'un duel c'est mieux au niveau de l'intérêt sportif. Mais on ne focalise pas là-dessus. Si d'aventure on est dans ce cas de figure, il faudra faire très attention à ce truc inconscient des compétiteurs qui te pousse à vouloir toujours aller plus vite que l'autre», souligne, avec justesse, Bidégorry. Même à distance, ce duel de géants autour de la planète sera captivant. Tout l'art sera de bien placer le curseur pour terminer et décrocher le Graal.
*Le navigateur routeur belge sera-t-il embarqué ou à terre? La décision n'est pas arrêtée.
«Avec l'Atlantique Nord, nous avons couru un 100 mètres, ce qui nous attend va plutôt ressembler à un marathon. »
