Sauvetage en mer. La gratuité résiste
À l'heure des serrages de ceinture en tous genres, la gratuité du sauvetage en mer reste solidement ancrée dans le paysage maritime. Mais le contribuable supporte-t-il toujours des interventions justifiées?
Afin de renflouer les caisses, le gouvernement ira-t-il, un jour, jusqu'à remettre en question le sauvetage gratuit des personnes en mer? On sait que les équipes spécialement dédiées au sauvetage coûtent cher (surtout la composante aérienne) mais le principe qui repose sur une convention internationale d'assistance semble bien accroché à son rocher. «Pour le moment, pas question de remettre en cause la gratuité ancestrale du sauvetage à personne en mer», appuie-t-on à la préfecture maritime de Brest. Elle est une composante essentielle de la solidarité des gens de mer et résonne fortement entre pays maritimes liés par cette convention.
Pêcheurs exposés
Pourtant, régulièrement, certaines interventions rouvrent brutalement le débat. Sait-on, notamment, que 60 à 70% des hélitreuillages en zone Manche et Atlantique concernent des marins étrangers (espagnols ou anglais au moins pour la moitié des évacuations médicales effectuées dans la zone de compétence de la préfecture maritime de l'Atlantique). «Pas sûr que ces deux pays voisins sauvent autant de marins Français sur leurs côtes...», observent les détracteurs.
Autre phénomène en plein boom, l'explosion des croisières qui attirent de plus en plus de seniors. Combien de septuagénaires ou d'octogénaires à la santé incertaine faut-il aller régulièrement chercher sur le pont de ces paquebots? Que penser également du passager de ferry à hélitreuiller d'urgence après une méchante chute, au bout d'une nuit trop arrosée? Sans doute faut-il discerner le professionnel de la mer qui y va par obligation et pour gagner sa vie. Et le touriste ou l'usager de plaisir (le plaisancier) qui pourrait probablement s'appuyer sur une assurance classique ou spécifique afin d'absorber une partie de ces dépenses publiques.
La facture s'envole
Il est vrai qu'en matière de sauvetage en mer, la facture s'envole rapidement en fonction du coût de l'heure de vol (entre 4.000EUR et 10.000 EUR), avec la multiplication des moyens de recherche et d'intervention engagés. Une intervention classique en haute mer atteint rapidement les 100.000EUR et peut dépasser le demi-million en cas de recherches poussées au-delà de douze heures. Jusqu'où l'imprudence et l'inconséquence de certains doivent-elles être supportées par le contribuable? La question se pose régulièrement.
Comme en 2006, lors d'une Route du Rhum décimée par le mauvais temps. La spectaculaire opération de récupération des skippers avait ouvert une nouvelle brèche dans le débat. Les marins avaient été secourus à grands frais sans qu'un centime n'ait été versé par leurs puissants sponsors, comprenant, dans le lot, de solides compagnies d'assurance! Malgré ces cas discutables, le monde maritime défend, dans son immense majorité, cette gratuité et la singularité d'une telle pratique, usage unique dans un monde marchand omniprésent.
Payant pour le matériel
La plupart du temps, les sauveteurs en mer font leur possible pour sauver le matériel. Mais cette prise en charge a un coût, fixé dans un barème. «Contrairement à ce que l'on entend parfois, la facture ne s'établit pas à la tête du client», précise PierreLe Duc, délégué départemental de la SNSM finistérienne. «Nous appliquons une tarification rigoureuse qui dépend de la taille du moyen engagé et du bateau ou du matériel remorqué. Il faut compter entre 150EUR et 500EUR de l'heure en fonction de la taille du bateau assisté. Et la plupart du temps, les assurances prennent en charge cette dépense». Concrètement, si la SNSM vous récupère et que vous décidez d'abandonner votre navire ou votre engin de plage, vous n'aurez rien à débourser. «Mais cette prestation payante est loin de couvrir l'ensemble de nos frais de fonctionnement», rappelle le responsable départemental.
Gratuit en Angleterre!
Les plaisanciers étrangers, notamment les Anglais qui reçoivent la facture, sont souvent très étonnés par ce dispositif... Et leur assureur encore plus! Même s'il va sans dire que les équipages des canots et vedettes de la SNSM sont connus pour ne pas charger la barque, veillant à ne pas trop faire gonfler ce coût d'assistance à la française.
Un conseil: «Soyez vous-même»
Richard Dumas a choisi la Bretagne pour ses cinq premières expositions, à Lorient, puis à Vitré et à Rennes. Deux des trois livres qu'il a publiés l'ont été chez l'éditeur costarmoricain Filigranes, la haute couture du livre de photo. Il a fait la couverture du premier numéro du magazine Bretons, en 2005, avec un portrait de Miossec. Il vit à Rennes et Rennais il reste. Il y a vu sa première expo de photos, d'Helmut Newton, dans un magasin de matériel photo. «Cela m'a marqué, adolescent, ces photos de filles accrochées au milieu des appareils. La photo n'était pas encore au musée à cette époque, du moins pas en France». Il serait prêt à donner tous ses trucs de photographe, pour «réussir» une photo. Mais «il n'y a pas de mode d'emploi», c'est sa seule certitude. Il se souvient de Ségolène Royal, qui arrive 45 minutes en retard et lui demande: «Faites vite, avec tout le talent que vous avez, ça devrait aller»... «Vous savez, le talent n'est rien sans le travail», lui répond-il. Et hop, la séance a duré le temps qu'il faut pour faire sa photo, muni de son Olympus OM2 ou de son Rolleiflex. «Avec objectif fixe, précise-t-il, je préfère me déplacer». Allez, encore un conseil M.Dumas? «Soyez vous-même!». L'artiste animera un atelier sur le portrait du 28mai au 1erjuin 2011, à Lyon; www.blooworkshops.com Ci-contre, le portrait de Clint Eastwood.
Parfois facturé en montagne
Certaines communes font appel à des sociétés privées afin d'évacuer les blessés sur leur domaine skiable. Le sauvetage et l'évacuation sont alors facturés à l'intéressé. Il arrive cependant que le secours reste gratuit sur certains domaines skiables, lorsqu'il est effectué par un moyen d'État. Les interventions les plus éloignées et les plus délicates requièrent systématiquement le concours des pelotons spécialisés de gendarmerie et restent entièrement gratuites.
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