6 mai 2008
Nicolas Sarkozy fêtera discrètement aujourd'hui le
premier anniversaire de sa victoire à la présidentielle. Un an après, le ciel s'est assombri : sondages en berne, situation économique morose et tiraillements avec la majorité.
Triomphalement élu le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy aura connu sept mois d'état de grâce où il a fait feu de tout bois, entre réformes tous azimuts et style « bling-bling ». Mais il entame l'an II de son mandat en pleine crise de confiance avec les Français. En dépit de sa récente intervention télévisée, sa cote de confiance s'est enfoncée à 36 %, selon un sondage LH2 nouvelObsCSA-Le Parisien-I télé paru hier, 42 % selon le baromètre Ifop Paris-Match.
Des « erreurs »
Nicolas Sarkozy confessait, le 24 avril dernier, avoir commis des « erreurs ». Le ton était loin de celui du vainqueur du second tour de la présidentielle - avec 53,06 % des voix face à Ségolène Royal - qui prêchait la « rupture » et le volontarisme pour aller chercher ce « point de croissance » qui manque à la France.
Sa force, c'est alors son activisme : il ouvre tous les dossiers, et réforme à tour de bras (paquet fiscal, service minimum, universités, peines planchers, immigration, Grenelle de l'environnement). Chaque jour compte son lot d'annonces et il brouille les lignes politiques avec « l'ouverture », déstabilisant l'opposition.
Il affronte à l'automne son baptême du feu social avec le mouvement contre la réforme des régimes spéciaux de retraite. Après neuf jours de paralysie des transports publics, les grévistes cèdent. La réforme passe.
Hyperprésident
Nicolas Sarkozy est alors un « hyperprésident ». Son Premier ministre, François Fillon, peine à exister.
Une seule difficulté se profile, mais elle est de taille : la question du pouvoir d'achat. Après avoir porté le candidat UMP au pouvoir au nom du « travailler plus pour gagner plus », les Français n'en voient pas la concrétisation dans leur portefeuille.
Ils s'agacent aussi de voir Nicolas Sarkozy augmenter son salaire de président de 140 %, poser avec lunettes de soleil et montres de prix, étaler une vie privée mouvementée. Après avoir divorcé de Cécilia, le 18 octobre, il est en effet photographié au côté de l'ex-mannequin Carla Bruni. Il l'épousera le 2 février, mais en catimini.
Le choc de croissance
n'est plus d'actualité
Car entre-temps, la sanction est tombée. Nicolas Sarkozy s'effondre dans les sondages en quelques semaines, début 2008.
Mais c'est sur le front économique que les nouvelles sont les plus inquiétantes. Montée de l'euro et du prix du pétrole, inflation, crise du marché immobilier américain : le « choc de croissance » espéré n'est plus d'actualité. L'opposition accuse le gouvernement de préparer un plan de rigueur. Lors des municipales des 9 et 16 mars, le divorce se confirme : c'est une vague rose. Le chef de l'Etat refuse de changer de cap, mais tente d'adopter un style différent, plus modeste.
Un dîner privé
Ni flons-flons, ni champagne. Un an jour pour jour après avoir été porté à l'Elysée, Nicolas Sarkozy tient ainsi à montrer, par son emploi du temps, qu ' il est plus que jamais dans l ' action, pas dans la célébration. Il passera donc l ' essentiel de sa journée sur le terrain, dans le département du Gard, pour y parler social et emploi des seniors .
Le soir-même, il sacrifiera toutefois au rite de la célébration en invitant autour de lui l ' ensemble de ses ministres et leurs conjoints pour un dîner à caractère « strictement privé » , selon l ' Elysée. Reste à savoir si Nicolas Sarkozy répondra auparavant à l ' invitation de l ' UMP, qui commémorera l ' anniversaire du 6 mai 2007 , salle Gaveau .