20 avril 2008
Les voiturettes sont 150.000 à sillonner les routes de France à la campagne ou en ville et séduisent une clientèle plus jeune. Mais leur sécurité reste un sujet de préoccupation surtout quand elles sont débridées.
Lève-vitres électriques, jantes alliage, radar de recul... : elle a, selon les modèles (*), tout d'une grande. Mais la comparaison s'arrête là. La voiturette n'est pas une vraie voiture. Ce « quadricycle léger à moteur », qui se conduit sans permis, reste considéré comme un cyclo de 50 cc dont la vitesse ne doit pas, en principe, dépasser 45 km à l'heure. En principe, car la Commission de sécurité des consommateurs (CSC) vient, dans un avis récent, de mettre en garde contre le danger du débridage des moteurs. Une pratique qui permet à ces véhicules lents d'atteindre des vitesses pour lesquelles ils ne sont pas conçus. « Les moteurs diesel, bridés pour ne pas dépasser les 45 km sont en réalité assez puissants pour atteindre une vitesse de 90 km/h. Or, il se trouve que le débridage est une pratique courante de la part des particuliers, mais aussi des distributeurs, voire un argument commercial de vente », indique cette commission.
Un danger
de banalisation
Aussi cette CSC vient de recommander aux pouvoirs publics d'instaurer une obligation de contrôle technique périodique y compris lors des ventes entre particuliers. La CSC suggère aussi de renforcer la signalisation de ces véhicules pour les rendre mieux identifiables (macaron, gyrophare... ?) ? Et préconise, enfin, d'instaurer un contrôle médical d'aptitude à la conduite pour les conducteurs.
« Il faut les différencier
des autres voitures »
Cette commission admet que les voiturettes ne sont ni plus ni moins accidentogènes que les autres mais, à la nuance près, que ces voitures font moins de kilomètres en moyenne que les autres et que les dégâts purement matériels ne sont pas pris en compte par les recueils officiels d'accidentologie. « Comme elles ressemblent de plus en plus à de vraies voitures, il faut les différencier. Le grand danger est leur banalisation », commente Guy Le Goff, chargé de communication à la CSC.
Dans l'ensemble, dans les concessions bretonnes, si on se déclare favorable au contrôle technique, on se défend de pratiquer le débridage. « Si le moteur est débridé, la garantie ne fonctionne plus. De plus, cela entraîne une surconsommation de carburant et des problèmes mécaniques », explique Olivier Nicolas qui dirige en Bretagne cinq concessions Aixam, le leader français des voiturettes.
Apparues dans les années 70, les voiturettes se sont modernisées au fil du temps et des réglementations. Elles ont gagné en confort, en puissance et... en image. La voiturette est devenue tendance chez les ados des quartiers chics parisiens.
Plusieurs raisons expliquent ce succès croissant : le permis de conduire revient cher et est long à décrocher. Il y a aussi le renforcement des contrôles routiers qui ont entraîné 85.000 suspensions de permis en 2007. Certains conducteurs, privés de leurs 12 points, sont tentés de se tourner vers ce type de véhicules. La voiturette a, enfin, une vocation sociale. Elle permet à beaucoup de gens, notamment en milieu rural, de conserver une certaine autonomie.
En plus, avec la hausse du prix du carburant, rouler en voiturette est économique. « Elle consomme, en moyenne, entre 3 et 3,5 litres au 100 km. On peut faire 500 km avec un plein de 16 . C'est un argument fort », confie Nicolas Adam gérant du garage Daire, à Bohars, près de Brest.
* Les tarifs vont de 9.500 à plus de 15.000 .
