7 avril 2010 - 2 réactions
«Tout le monde s'interroge, les personnels sont indécis». Responsable CFDT à l'hôpital de Quimperlé, Olivier Besnard résume assez bien l'état d'esprit des infirmiers et infirmières face à cette réforme annoncée et le choix qu'elle imposera. Un choix difficile: rester dans la catégorie B avec le droit de continuer à pouvoir partir à 55 ans à la retraite, ou opter pour la catégorie A avec à la clé une revalorisation salariale mais avec la contrepartie de travailler au moins jusqu'à 60ans. Cette réforme de la retraite des infirmiers est dans la continuité d'une autre réforme, celle de l'intégration de la formation au système universitaire LMD et la reconnaissance au niveau licence du diplôme d'infirmier. Cette reconnaissance à bac +3 était une revendication de la profession, sauf que cette dernière estime aujourd'hui que le prix à payer est trop élevé.
Remise en cause de la pénibilité
Pour la CGT, il s'agit d'un chantage. «On nous dit: vous passez en A avec un gain minimum de salaire mais, en contrepartie, vous acceptez cinq ans de plus, c'est inadmissible», souligne Didier Quémat, responsable syndical à l'hôpital de Quimperlé. La réforme est d'autant plus mal acceptée que le bonus d'un an pour dix ans, pourtant instauré par la réforme Fillon de 2003, sera vraisemblablement supprimé. «Une remise en cause de la pénibilité inacceptable», s'insurge la CFDT de Quimperlé qui a fait parvenir une pétition à la préfecture contre cette mesure. Même son de cloche à la coordination nationale des infirmières (lire ci-dessous).
Les nouveaux diplômés en catégorie A
Rester en catégorie B ou passer en catégorie A? Si la question ne se posera pas aux nouveaux diplômés (à partir de 2012), qui seront intégrés automatiquement dans la catégorie A, elle concernera, sauf surprise législative, tous les infirmiers de la fonction publique hospitalière. «Ceux qui travaillent depuis une dizaine d'années s'interrogent énormément», reconnaît-on à la CGT. Dans les hôpitaux, la question n'a pas encore été officiellement posée aux agents concernés. «On devrait normalement interroger les gens pendant l'été. On attend les textes», explique-t-on à l'hôpital de Lorient. Pour l'heure, le seul texte dont disposent les établissements est le protocole d'accord du 2février 2010, mais qui n'a été signé dans son intégralité que par un syndicat sur huit.
Des choix individuels
En fait, les réponses dépendront probablement beaucoup de la proximité avec la retraite. «Pour moi, ce sera 60 ans, de toute façon, je n'aurai pas les années suffisantes pour partir à 55 ans. Je n'ai pas vraiment le choix, d'autant qu'on supprime le bonus d'un an pour dix ans», explique cette infirmière aux urgences de Concarneau, âgée de 43 ans. En revanche, pour les infirmières de 50 ans et plus, leur intérêt sera sans doute de rester en catégorie B pour pouvoir partir à 55 ans ou peu après (*). «Ce sont des choix individuels. Il est difficile d'avoir une appréciation générale», observe-t-on à la direction des ressources humaines de l'hôpital de Quimper. Et quelle sera la revalorisation salariale promise pour le passage en catégorie A? Même si la coordination nationale reconnaît une réelle augmentation en fin de carrière (2.000euros en plus moyenne par an), elle estime qu'elle ne s'appliquera qu'à une minorité d'agents, compte tenu de l'âge d'entrée dans la profession.
* Pour les hôpitaux de Lorient et Quimper, l'âge moyen de départ à la retraite se situe actuellement autour de 56-57 ans.


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