24 juin 2009
Ce deuxième gouvernement Fillon, qui va donc lever le grand emprunt national et définir «les nouvelles priorités» de Nicolas2, ne change rien en termes d'équilibre politique. L'arrivée du neveu Mitterrand, déjà fâché avec les jospinistes de 97, est une prise de guerre plus médiatique que politique. À l'inverse, celle du centriste Mercier, ex-trésorier du MoDem et ancien compagnon de Bayrou, est plus signifiante, bien que largement éventée. Exit Claude Allègre, définitivement radioactif au soir du succès écolo aux Européennes.
Le jeu de chaises musicales des ténors
C'est plutôt dans le jeu de chaises musicales des ténors en place que s'apprécie le lifting. Aux côtés d'un Borloo gravé dans le vert, MAM devient ministre d'État, garde des Sceaux. De l'Intérieur à la Justice, Alliot-Marie est le parfait contre-modèle de Dati:discrète et droite dans ses bottes. Hortefeux quitte les Affaires sociales. C'était une erreur de casting. Il gagne l'Intérieur: c'était écrit pour le plus ancien des fidèles du Président qui se frottera à la sécurité et à la carte électorale pour 2012. Était écrit aussi le retour de Christian Estrosi, autre figure du clan qui s'installe à Bercy, côté Industrie. Et de cet autre proche du Prince, Xavier Darcos, qui atterrit au Travail et Relations sociales. Darcos en avait soupé de l'Éducation où le voilà remplacé par un Luc Chatel qui monte qui monte.
Kouchner et Morin s'incrustent
Boutin et Albanel noyées, Dati exilée, le contingent féminin intègre Marie-Luce Penchard, fille de la turbulente Guadeloupéenne Michaux-Chevry, et Nora Berra, issue de l'immigration maghrébine. Fine mouche, Nicolas Sarkozy n'a pas voulu châtier la guêpe Rama Yade qui se contentera donc des Sports de Bernard Laporte, autre précédente erreur de casting. Ah oui, Kouchner s'incruste au Quai. Morin à la Défense. Et le couple Lagarde/Woerth à Bercy. Il faut dire que le moment était mal choisi pour changer l'attelage financier au beau milieu de la crise [/P_LAURET-N].
Le dernier remaniement officiel remonte au 15 janvier, provoqué par le départ du ministre du Travail Xavier Bertrand nommé à la tête de l'UMP et remplacé par Brice Hortefeux, lui-même laissant
l'Immigration à l'ex-socialiste Eric Besson. Ce "mini-remaniement" précédé et suivi de plusieurs réaménagements qui avaient modifié plus en profondeur l'équipe, donnant naissance à un Fillon IV.
Les législatives changent la donne
Début décembre, Patrick Devedjian avait été nommé ministre de la Relance. Le 15 décembre, Bruno Le Maire avait succédé à Jean-Pierre Jouyet aux Affaires européennes. Et le 21 janvier, Chantal Jouanno était nommé au secrétariat d'Etat à l'écologie, dont la titulaire Nathalie Kosciusko Morizet avait succédé à M. Besson. Le premier gouvernement Fillon, nommé le 18 mai 2007 dans la foulée de l'élection de Nicolas Sarkozy, avait été remanié le 19 juin après les législatives.
Fillon II : départ de Juppé
Ce Fillon II avait vu le départ d'Alain Juppé du "super-ministère" de l'Ecologie après son échec électoral et l'arrivée de deux femmes de la "diversité", Rama Yade et Fadela Amara. Fillon III était arrivé le 18 mars 2008 après l'échec de la majorité aux municipales, marqué notamment par la nomination de six nouveaux secrétaires d'Etat.