20 mars 2010 - 4 réactions
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Trois listes en présence pour ce second tour: ce n'était pas, au soir du premier, le cas de figure le plus probable. Mais en politique, tout est toujours possible. Jean-Yves Le Drian et Guy Hascoët ne s'étant pas entendus ce sera donc aux électeurs de trancher.
Le rapport des forces
Au premier tour, les électeurs bretons ont donné une incontestable avance à la liste de Jean-Yves LeDrian, le président sortant. Avec 408.551 suffrages, il devance de 157.320voix la liste UMP de Bernadette Malgorn. C'est assez considérable et rattraper ce retard constituerait assurément un tour de force politique qui n'aurait guère de précédent. La présence inattendue d'Europe ÉcologieBretagne(134.161voix) au secondtour relance certes l'intérêt de ce scrutin mais Jean-Yves Le Drian en reste quand même le grand favori.
L'impact sur la participation
Au premier tour, la mobilisation a été particulièrement faible, avec seulement 48,83% de votants. La triangulaire est-elle de nature à décourager encore un peu plus les électeurs face à ce que d'aucuns peuvent considérer comme le résultat de jeux d'appareils ou, au contraire, peut-elle mobiliser de nouveaux électeurs? Sans doute les deux réflexes sont possibles mais la seconde hypothèse parait la plus probable. Les électeurs traditionnels du PS peuvent considérer que la présence d'Europe Écologie Bretagne constitue un risque et donc se déplacer plus nombreux. De son côté, le parti écologiste pourrait attirer des électeurs qui n'avaient pas envie de voter pour la gauche et la droite traditionnelles. Cette triangulaire peut également inciter les électeurs de droite, à qui ce scénario imprévu a redonné un petit espoir, à se déplacer plus nombreux. Au total donc, la participation devrait être supérieure demain. En 2004, elle avait progressé de plus de quatre points entre les deuxtours et cela, malgré un suspense très relatif.
Qui sont les abstentionnistes?
C'est classique, les listes qui ont pris du retard à l'issue du premier tour misent beaucoup sur les abstentionnistes. Ils ont été, c'est vrai, très nombreux. En Bretagne, sur 2.332.894 inscrits, 1.193.846sont restés à la maison. Ce sont des voix forcément très convoitées. Mais sont-elles plutôt de droite ou de gauche? En regardant ville par ville les taux de participation, difficile de donner une réponse globale. On ne constate pas une différence notable de participation selon la couleur politique des villes. Même constat si on examine bureau par bureau le niveau de l'abstention. Dans ceux où l'on vote généralement majoritairement à gauche, la participation n'apasété plus élevée que dans les bureaux de droite. Délicat donc de parler d'une abstention de droite ou de gauche.
Quels reports de voix à gauche?
Une des clés du scrutin tient dans les reports de voix. Comment vont-ils se faire sachant que les consignes, quand ilyena, n'appellent pas forcément à voter précisément pour telle ou telle liste. C'est souvent le cas à gauche. Le Front de gauche (38.556voix) et le Nouveau parti de gauche (27.417 voix) appellent leurs électeurs à se mobiliser «massivement pour battre la droite» mais difficile de dire dans quelles proportions ils se partageront entre le PS et Europe écologie Bretagne. Que feront, par ailleurs, les 16.000électeurs de Lutteouvrière, qui ne donne aucune consigne de vote? Seul ChristianTroadec a dit pour qui il voterait, Europe Écologie Bretagne en l'occurrence, mais il l'a fait après plusieurs changements de pied qui pourraient perturber les 47.000électeurs qui ont choisi sa liste au premier tour.
Les réserves de la droite
À droite, on peut penser que Bernadette Malgorn recueillera une partie non négligeable des 29.000 voix qui se sont portées sur la liste des agriculteurs, même si cette dernière n'a donné aucune consigne de vote et se dit apolitique. Elle pourra aussi sans doute compter sur une partie des 67.800 suffrages obtenus par le Front national. Les études montrent qu'en général, 70% vont au deuxième tour vers l'UMP et 30% à la gauche. L'UMP peut aussi espérer récupérer une partie des voix du MoDem (qui n'a donné aucune consigne de vote) mais probablement dans des proportions beaucoup plus faibles. Les politologues s'accordent à dire que le partage se fait à 50-50 entre droite et gauche. Pour espérer refaire son retard de 157.000 voix, l'UMP devra donc mobiliser très fort son électorat en faisant le pari que l'électorat de gauche aura été déstabilisé par la fusion ratée.

13 février 2012 à 08h49
13 février 2012 à 08h33
13 février 2012
