16 avril 2009
La solution au vieillissement des matériels? Moderniser les équipements, avait tout simplement conclu la précédente loi de programmation militaire (LPM 2003-2008). Dans la corbeille de cette très ambitieuse loi, les parlementaires avaient généreusement mis un second porte-avions, 220 hélicoptères Tigre, 380 Rafale...
Un décalage
«Tout cela n'était qu'illusion», assène aujourd'hui Patricia Adam. La publicité était mensongère. Le rapport ne dit pas autre chose: «La loi n'a pas tenu ses promesses (...) Dès l'origine, un décalage est apparu entre les cibles et les capacités réelles de financement (...) Dès lors, les armées ont été contraintes de revoir à la baisse leurs ambitions, en annulant ou reportant de nombreux programmes.» Exit le second porte-avions, qui éviterait à la France de se retrouver démunie quand le Charles-de-Gaulle est en rade... Officiellement, la décision est reportée en 2011 ou 2012. Patricia Adam est tout simplement persuadée qu'il «ne verra jamais le jour». Dans l'attente, 261millions d'euros ont tout de même déjà été engloutis dans le projet! Les Tigre? Sur les 220 prévus, 100 sont annulés. Vingt-et-une nouvelles frégates devaient être construites: finalement, elles seront 13, etc.
Effet domino
Les industriels ont dû s'adapter. N'y sont pas toujours parvenus, ou pas dans les délais. Résultat: les nouveaux matériels se font cruellement attendre. Avec, à la clé, un terrible effet domino pour les armées. Premier impact: celles-ci sont condamnées à prolonger la durée de vie de leurs matériels, déjà en bout de course. Conséquences: une envolée des coûts d'entretien et de maintenance (*)... qui n'empêche pas une alarmante diminution de la disponibilité des matériels. Situation qui entraîne à son tour une baisse des capacités d'entraînement des forces. Le risque? Perdre les qualifications et les compétences requises pour mener à bien certains types de missions...
(*) 3,8milliards prévus pour 2009, contre 3,3milliards d'euros en 2008, et «seulement» 2,3milliards d'euros en 2003