23 avril 2008
L'estuaire de la Loire se remet lentement de la pollution qui l'a touché, il y a plus d'un mois. Petit à petit, les 500 tonnes de fioul sont éliminées. Mais le travail sera encore long.Cinq semaines après l'accident, survenu le dimanche 16 mars, c'est toujours la ruche dans l'estuaire de la Loire pour effacer la pollution par hydrocarbures provoquée par une fuite sur une canalisation en mauvais état de la raffinerie Total de Donges.
Hier, selon le groupe Total qui a pris en charge, et à ses frais, les chantiers étalés sur une quinzaine de sites, 740 personnes étaient à pied d'oeuvre, principalement autour de Paimboeuf, sur la rive sud, juste en face de la raffinerie, commune la plus touchée.
Chiffres revus à la hausse
Les professionnels de la dépollution sont dûment équipés et encadrés, une équipe du Cedre de Brest se relaye sur place pour préconiser des méthodes d'intervention.
La pollution s'avère, en effet, plus insidieuse que prévue.
Le Floch-dépollution
en première ligne
Total a d'abord revu ses chiffres à la hausse et reconnu que ce sont près de 500 tonnes et non 400 qui se sont répandus dans l'estuaire dont 320 ont pu être récupérées dans l'enceinte de la raffinerie, selon le groupe pétrolier.
La raffinerie a d'ailleurs été conduite à vérifier la totalité de ses 37 km de canalisations aériennes, à la demande des autorités.
Si la partie visible de la pollution est pour l'essentiel effacée sur le littoral et les plages, touchés par des boulettes à des degrés divers, dans l'estuaire, c'est autour de Paimboeuf, commune la plus exposée, que se concentre l'essentiel des équipes de nettoyage. Dont une bonne moitié est managée par l'entreprise morlaisienne spécialisée, Le Floch dépollution. « Nous avons 250 personnes sur place dont une vingtaine d'encadrants venus du siège. Nous avons en partie recruté des intérimaires sur place, dont certains avaient travaillé pour nous lors de l'Erika » explique le directeur général, Jean-Pierre Baelinghen.
Coïncidence : il y a deux ans, la société était intervenue sur les mêmes lieux lors d'une pollution précédente provoquée par cinquante tonnes de pétrole échappé dans l'estuaire suite à une collision entre deux bateaux.
Des hectares
de roseaux touchés
« On a pu traiter rapidement la partie plage, mais c'est autrement plus difficile pour nos équipes d'intervenir dans les kilomètres de roselières, les vasières et les pâtures, difficilement accessibles entre Frossay et Corsept », avertit Jean-Pierre Baelinghen. L'entreprise a même dû hélitreuiller certains déchets et roseaux mazoutés qu'il a fallu couper en urgence. « Une partie de la roselière a été fauchée avant que ne viennent nidifier en avril les fauvettes africaines », confirme Guy Bourlès, responsable de la Ligue pour la protection des oiseaux en Loire-Atlantique qui estime à 300 le nombre d'oiseaux victimes des hydrocarbures. Des dizaines d'hectares de vasières et roselières sur un linéaire de 20 km sur les deux rives de la Loire après Donges et Paimboeuf, classés Natura 2000, sont quasi-inaccessibles.
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