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Fait du jour

Pas facile à gérer

10 octobre 2009

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Le Président Obama a fait comprendre, hier, qu'il tâcherait de se montrer digne des espoirs placés en lui par le comité Nobel. Pas facile, tant les Américains attendent d'abord de lui qu'il leur fasse gagner la plupart des grands défis économiques et sociaux du moment.



De notre correspondant à Washington.
Il fallait s'y attendre, les voix qui critiquaient déjà l'an dernier le beau parleur et la star des foules se sont réveillées hier aux Etats-Unis. Le prix Nobel pour Obama? Quoi? Quand? La surprise est totale et déstabilisante. Comme le résume méchamment en effet le chef du parti Républicain Michael Steele, «il est malheureux que des avocats inlassables ayant obtenu des avancées dans le domaine de la paix et des droits de l'Homme soient balayés au profit d'un président charismatique qui n'a rien fait jusqu'à présent de significatif». Dans le même temps, d'autres commentaires font apparaître plus d'indulgence. A l'image d'Ed Collins, cet ancien conseiller de Ronald Reagan, pour qui «il faut toujours se réjouir lorsqu'un Américain remporte un prix ou un trophée car c'est l'Amérique qui est récompensée à travers lui, mais maintenant, ce Nobel, il faut qu'Obama le mérite !» Ce concept, selon lequel on récompense un homme non pas pour ce qu'il a fait mais pour ce qu'il a dit ou promis, a du mal à passer dans un pays où il est important d'encourager mais de ne jamais rétribuer pour rien. C'est ce qu'on a bien compris à la Maison-Blanche où l'on a déployé les contre-feux, hier. Le Président n'était pas candidat, a résumé le porte-parole Robert Gibbs, il est honoré mais souhaite partager son prix avec tous ceux qui croient en sa démarche de dialogue et de compromis.

Les Américains sceptiques

Pas question pour autant de dévier de la ligne que s'est fixée Barack Obama sur le plan intérieur où les priorités sont aussi nombreuses que colossales. La paix dans le monde ne fait pas franchement partie des premières pages de l'agenda de l'Amérique moyenne. Le chômage est reparti à la hausse le mois dernier, la reprise de la consommation reste molle et inégale et les six prochains mois seront déterminants pour savoir si l'on sort de la récession avec lenteur ou au pas de charge. Selon les derniers sondages d'opinion, le président continue d'être attendu sur ses résultats économiques et sur sa capacité à imposer ses réformes sociales davantage que sur les questions internationales.

  • François Clemenceau
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