27 juin 2010
Pourquoi tailler en premier dans la culture?
Il y a encore un an -et on était sincère-, on n'imaginait pas toucher un seul instant à la culture. Mais quand on a vu, au fil des mois, les recettes qui ne rentraient pas, on n'a pas eu le choix. Jusqu'à présent, sur troiseuros, on en mettait deux dans le social et un dans la culture; aujourd'hui, le social nous coûte trois euros compte tenu des non-compensations de l'État. Comme on est dans l'obligation des politiques sociales, la seule solution est donc pour nous de couper dans celles qui sont facultatives comme la culture, le sport, la jeunesse...
Mais dans la culture, tout le monde n'est pas logé à la même enseigne...
Quand j'ai compris qu'il fallait faire des efforts, j'ai considéré qu'il fallait réduire les crédits aux structures qui relevaient du privé, de l'État ainsi qu'aux régies qui dépendent des collectivités. En revanche, on ne touche pas aux artistes, aux festivals, à tout ce qui est associatif. On a donc diminué les fonds de concours aux collectivités.
Et les collectivités, justement, comment vont-elles pouvoir faire face?
Il faut maintenant que les collectivités trouvent des subsides en levant, par exemple, l'impôt. On était quand même un peu leur vache à lait. Nous, on levait l'impôt mais pas elles. C'était un peu facile. Pour les écoles de musique, par exemple, on a diminué les aides de toutes celles qui étaient en régie directe. On a arrêté aussi toute notre politique d'équipements structurels. Aux collectivités de se débrouiller pour faire leurs salles.
Mais pourquoi aussi les cafés-concerts que vous mettez ainsi en péril?
Parce que ce sont des lieux privés. Comme il fallait faire des choix et les hiérarchiser, nous avons décidé au final d'aller loin. Les lieux privés doivent faire leur propre promotion. Même chose pour le patrimoine privé, les manoirs, les châteaux... On suspend les aides. On fera leur promotion par le biais de la communication mais on ne participera plus financièrement à leur restauration.
N'avez-vous pas été un peu trop ambitieux?
C'est vrai qu'on paie aujourd'hui notre politique volontariste. On était un département exemplaire mais aujourd'hui, on n'a plus les moyens de nos ambitions. C'est terrible mais la responsabilité est celle de l'État. Ce n'est pas simple à faire comprendre même si les gens avertis le comprennent. Et le pire, c'est que je ne peux pas vous dire ce qui va se passer l'année prochaine. On est obligé de payer l'Apa et il nous manque 9millions pour leRSA. On ne va quand même pas laisser les gens dans la rue en octobre!