11 juillet 2009 - 3 réactions
Développer les énergies marines, créer une filière de démantèlement des navires, encourager la construction de cargos «propres»: ce sont quelques-unes des 600 propositions qui ont émergé du Grenelle de la mer. Au final, Nicolas Sarkozy devrait annoncer celles qu'il retient jeudi.
Développer les énergies marines.
Utiliser la houle, les marées, le vent, les courants et les différences de température entre la surface de la mer et le fond pour produire de l'électricité: c'est l'un des objectifs de ce grenelle de la mer. Un «plan énergie bleue» va être lancé et sera financé par l'Ademe. Avant 2020, le but sera de produire 6.000MW. Des installations pilotes vont être installées dans les Dom-Tom: trois sites d'hydroliennes, un site d'éoliennes flottantes, deux projets d'houlomotrices, un d'énergie thermique des mers et un dispositif de pompe à chaleur (destiné à la climatisation de l'hôpital de Tahiti). Un appel à projets sera lancé d'ici à la fin 2009.
Création d'une filière de démantèlement en France.
«Il y a des milliers de bateaux à démanteler, on va créer des emplois et développer du savoir-faire», a déclaré Jean-Louis Borloo, en annonçant la création d'une filière française de démantèlement et de construction des navires civils ou militaires en fin de vie. Il n'a pas donné de précisions sur le lieu d'implantation d'une telle filière. Un «Monsieur» ou une «Madame démantèlement» sera désigné(e) pendant l'été. «Il faudra bâtir un programme et désigner les lieux», a précisé le ministre du Développement durable. Cette question du démantèlement des navires en fin de vie est «un sujet mondial», a-t-il souligné, évoquant les péripéties du Clemenceau. La mise en place d'une telle filière correspondait à une exigence très forte des ONG et des syndicats pour «qu'on ne puisse pas faire n'importe quoi, n'importe où», a-t-il rappelé.
Accord sur la pêche, une mission confiée à Le Pensec.
C'était le sujet de tensions entre les écologistes et les pêcheurs. Mais au final, un accord a été trouvé. Le thon rouge et le requin-taupe pourraient ainsi être classés parmi les espèces protégées de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction. Un classement qui permettrait d'encadrer la pêche de ces espèces, dont le stock est menacé. Par ailleurs, Louis Le Pensec, l'ancien député du Finistère et ministre de la Mer sous Mitterrand, sera chargé d'une mission sur la pêche au chalut des espèces en eau profonde. Une technique qui, selon les défenseurs de l'environnement, dilapide la diversité de la vie sous-marine.
Des aires marines supplémentaires.
Un accord a également été dégagé concernant le développement des aires marines protégées qui devront représenter 20% des zones économiques exclusives contre 2% actuellement.
Des cargos à voile?
Les cargos qui circulent sur les mers et océans sont responsables à hauteur de 4% des émissions de CO2, soit le double de l'aviation. Une réflexion devrait ainsi être engagée pour développer des «navires intelligents du futur», notamment écologiques, propulsés en partie par une voile géante. L'objectif: réduire la consommation de 20 à 30%. Enfin, pour lutter contre le dégazage, le marquage des hydrocarbures, notamment par ADN, sera testé en 2009 par le Centre de documentation, de recherche et d'expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux (Cedre, basé à Brest) pour des résultats attendus en 2010.
«Il y a des milliers de bateaux à démanteler, on va créer des emplois et développer du savoir-faire.»