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Médecins étrangers. Un marché lucratif

6 décembre 2008

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Moins nombreux en Bretagne que dans le reste de la France, les médecins étrangers sont essentiels face à la pénurie dans certaines spécialités. Chasseurs de têtes et agences d'intérim profitent de ce marché.À la télévision et dans les journaux roumains, des écrans publicitaires invitent les médecins à s'expatrier en France. Résultat : 819 médecins roumains sont aujourd'hui inscrits à l'ordre national des médecins (ONM), contre 174 au 1 er janvier 2007, date de l'entrée en Europe de la Roumanie.



Un afflux logique : un médecin roumain gagne dans son pays, en moyenne, 600 € par mois pour un spécialiste et 300 € pour un jeune généraliste. De 3.000 à 4.000 médecins quitteraient la Roumanie chaque année. Dans le Finistère, depuis cette même date, treize médecins roumains se sont inscrits à l'ONM. Certains étaient déjà là en tant que médecins étrangers à statut précaire et ont pu trouver un statut identique à leurs confrères français. En revanche, d'autres sont arrivés directement de Roumanie, via des réseaux très variés, illustrant la débrouille dont doivent faire preuve aujourd'hui des hôpitaux face à la pénurie. Certains sont contactés par des collègues roumains en France, d'autres via des agences de chasseurs de têtes qui payent des consultants dans le pays ou via l'Arime (Association pour la recherche et l'installation de médecins européens) (lire ci-dessous). En Bretagne, les médecins étrangers sont présents principalement dans les hôpitaux, notamment du centre de la Région.

40.000 € le recrutement

Le marché est lucratif. Un recrutement est facturé entre 40.000 et 60.000 € selon les cabinets. Des agences d'intérim installées à Paris facturent 1.500 € la journée d'un anesthésiste venu du Maroc par exemple et qui touchera peut-être la moitié de cette somme. D'autres pays de l'Est, comme la Pologne ou la Bulgarie, sont la cible des chasseurs de têtes mais les Roumains, réputés pour être de bons cliniciens et parlant une langue latine proche du français, sont les plus recherchés. La Belgique, la Grande-Bretagne ou l'Allemagne vont également faire leur marché à l'Est.

Plus de Béninois en France qu'au Bénin

La situation est tout aussi mouvante au niveau mondial. La formation d'un médecin est coûteuse pour les États et chacun cherche à en former le strict nécessaire. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est inquiétée de cette fuite des élites qui pose un grave problème aux pays pauvres. La ministre Roselyne Bachelot avouait récemment qu'il y avait plus de médecins béninois exerçant en France qu'au Bénin. Face à l'immoralité de la situation, l'OMS prépare un code de bonne pratique sur le recrutement international des personnels de santé. « Nous recevons tous les médecins qui viennent s'inscrire et nous nous assurons qu'ils parlent bien le français. Si ce n'est pas le cas, on leur demande de suivre une formation avant de revenir nous voir », dit le Dr François Simon, président de l'ordre des médecins du Finistère. Tous les médecins à diplôme français ou européen doivent s'inscrire à l'ordre des médecins. Mais l'ordre ne reçoit pas les médecins extra-européens bénéficiant d'une autorisation ministérielle d'exercer. Bénéficiant souvent de statuts précaires, ces médecins étrangers exercent sous la responsabilité d'un autre médecin et sont censés ne pas produire de T2A (tarification à l'activité), ce qui pose problème aux établissements qui se battent contre les déficits. Un nouveau concours d'intégration a vu le jour en 2005. Cette année, 2.200 médecins étrangers sur 3.500 inscrits ont passé les épreuves. Mais il reste encore dans les hôpitaux de très nombreux contractuels, présents avant le 10 juin 2004, qui n'ont pas passé ou pas réussi les concours très sélectifs, mais qui font tourner des services. Un nouveau statut de contractuel va d'ailleurs figurer dans le projet de loi Bachelot « Hôpital, patients, santé et territoires ».

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