1 octobre 2009
Le «non» de l'an dernier avait bloqué la ratification du traité. Un «oui», irlandais demain pourrait libérer la voie. Et surtout engager la compétition entre Européens pour le poste très convoité de président.
De notre correspondante à Bruxelles.
Les Européens auront demain les yeux rivés vers l'Eire. Et plus encore parmi eux les Tony Blair (ancien Premier ministre britannique), Carl Bildt (ministre des Affaires étrangères suédois), Jean-Claude Juncker (Premier ministre du Luxembourg), Ander Fogh Rasmussen (Premier ministre danois), Alexander Stubb (ministre des Affaires étrangères finlandais) et pointures politiques qui espèrent devenir les premiers «visages» de l'Europe dans le monde. Le traité crée en effet deux postes au plus haut niveau, à commencer par celui de président de l'Union européenne. Actuellement, le président de l'Union est le Premier ministre suédois, Fredrik Reinfeldt. Mais il cèdera la place, le 1er janvier, à son collègue espagnol jusqu'à ce qu'un Belge prenne la relève, le 1er juillet, et ainsi de suite. Vladimir Poutine remarquait qu'en huit ans et demi à la présidence de la Fédération de Russie, il avait eu affaire à... 17 présidents de l'UE !
Enfin, un président stable
Si «Lisbonne» passe, l'Union aura un président stable désigné pour deux ans et demi renouvelable par les Vingt-sept. Celui-ci sera flanqué d'un quasi-ministre des Affaires étrangères, dit «Haut Représentant». L'intéressé aura des moyens décuplés : un vrai corps diplomatique européen et des crédits pour soutenir l'action extérieure.
Les Irlandais sous pression
«Lisbonne» étend aussi les compétences de l'Union européenne dans le spatial, l'énergie ou la protection civile. Son moindre avantage n'est pas, enfin, d'éviter aux Vingt-sept de couper des têtes à la Commission européenne. Le traité actuel prévoit en effet que les commissaires européens soient «moins de 27» à partir du prochain mandat, ce qui suppose d'en «sacrifier» au moins un. Les Irlandais se sont entendus dire qu'ils seraient mal placés pour défendre le leur si le «non» l'emportait ! Au contraire, en cas de «oui», la règle de «un pays, un commissaire» s'appliquera. Enfin, le nombre de députés européens passerait de 736 à 750, dont deux de plus pour la France... Comment seront-ils désignés ? Le ministère de l'Intérieur n'en sait encore rien ! Il sera bien temps de régler tout cela d'ici à l'entrée en vigueur du traité, probablement début 2010.
Vannes ville. Maison de l'Europe. La République tchèque à l'honneur