27 octobre 2009
Le projet de fermeture de «petits» blocs ne fait pas l'unanimité. Au coeur du débat, la sécurité des patients. Certains dénoncent d'autres «risques» comme l'augmentation du temps de transfert vers l'hôpital.
La fermeture de blocs opératoires réalisant moins de 1.500 interventions par an, envisagée par le gouvernement pour améliorer la «sécurité» des patients, ne convainc pas tous les acteurs. Pour les partisans d'un seuil de ce type, il faut des équipes «répétant suffisamment les gestes» et des installations fonctionnant assez souvent pour garantir des interventions de qualité. Mais, pour ses opposants, seul compte le nombre d'actes du chirurgien, lequel pourrait travailler dans un grand et un petit hôpital à la fois, surtout en cas d'interventions légères.
«Place nette au privé»
Selon la Coordination nationale des comités de défense des hôpitaux de proximité, le projet gouvernemental relève d'une «idéologie dominante irresponsable» consistant notamment à «concentrer les structures sanitaires». Selon elle, la politique gouvernementale, «désertifie des territoires entiers» et «accentue les dépenses, les risques, les temps d'accès aux soins, en multipliant des transferts, ce qui est en plus écologiquement stupide», estime-t-elle. Pour Christophe Prudhomme, de la CGT-santé, premier syndicat des hôpitaux, un seuil de 1.500interventions chirurgicales laisserait «place nette au privé lucratif» à un moment où «de plus en plus de patients ne peuvent plus se permettre de payer les dépassements d'honoraires» en clinique privée. Comme à Saint-Affrique (Aveyron) ou Gisors (Eure), des chirurgiens d'établissements plus importants devraient pouvoir se rendre dans des hôpitaux plus petits, notamment pour y réaliser des interventions légères, comme la cataracte, a-t-il expliqué. Or, selon lui, les autorités ne favorisent pas ce type de «mutualisation» dans le public.
Un accouchement peut avoir des complications
En revanche, pour le président de la Coordination médicale hospitalière (CMH), François Aubart, ce seuil de 1.500 interventions par an aurait pu être plus élevé. Selon lui, «la chirurgie ne peut pas être scindée en petite et importante». «Un accouchement qui semblait banal peut toujours déboucher sur une césarienne très compliquée», souligne-t-il.
