12 avril 2009
Soulagement hier à bord de L'Aconit:quatre otages sont sains et saufs. Tristesse infinie aussi:Florent Lemaçon est mort. «C'était très difficile», raconte avec émotion, le commandant Goutay, le pacha du bâtiment.
Fallait-il intervenir? D'aucuns se posent la question. «Dans ces circonstances, il fallait le faire», estime le commandant de L'Aconit. Pourquoi? Le bateau avançait à la voile, à 4-5noeuds. D'où la première décision: il fallait l'immobiliser. Mais une fois stoppé, il continuait à dériver. «Il était impensable de laisser les pirates aller à la côte avec les otages», ajoute-t-il. Des pirates si déterminés... Le fait que le Tanit soit un petit bateau n'a-t-il pas compliqué l'opération? «Le Carré d'As n'était pas non plus un gros bateau. Et ce sont les mêmes commandos qui sont intervenus, des commandos extrêmement entraînés et extrêmement courageux», souligne le commandant Goutay, en ajoutant qu'«il n'y avait pas d'autre alternative».
«C'est moi qui l'ai annoncé à sa compagne»
Balle perdue des commandos? Balle des pirates? La balle aura été fatale pour Florent Lemaçon. «Il faut attendre l'autopsie. Aujourd'hui, on ne peut rien exclure», estime le commandant. Il confirme qu'il y avait un médecin parmi les commandos. Il n'aura rien pu faire... «J'ai recueilli le corps à bord du bateau. C'est une très grande tristesse d'avoir perdu Florent», raconte le commandant Goutay. «C'est moi qui l'ai annoncé à Chloé Lemaçon. C'était très difficile. Une grande émotion... Elle était très choquée. Les conditions de détention avaient été très difficiles. La tension. La chaleur.» Et le petit Colin? «Je l'ai pris dans mes bras.» Le commandant se tait... «vendredi, dit-il, il était aussi dans l'insouciance de ses trois ans». L'équipage du Tanit a-t-il pris des risques inconsidérés? «Je crois qu'ils savaient où ils étaient. La Marine les avait prévenus. Ils pensaient sans doute éviter les pirates.» A bord de L'Aconit, Chloé Lemaçon aurait exprimé des remords.