11 juillet 2009
Qu'a permis ce grenelle ?
Le contraire de d'habitude! D'habitude, l'État mandate un ou deux spécialistes pour réfléchir à quelque chose, ces gens-là auditionnent à droite à gauche et rendent un rapport. Là, on avait tous les acteurs autour de la table, l'État étant un des acteurs. On donne aux gens non seulement la parole mais la réalité de la décision et de la négociation.
Quel était l'enjeu de votre groupe de travail, intitulé «La délicate rencontre entre la terre et la mer»?
On ne peut pas parler du littoral simplement en imaginant que c'est un trait de côte. Le littoral va du haut des rivières jusqu'à la haute mer. C'est cette problématique de charnière, cette sorte de réconciliation entre la terre et la mer qu'il est important de prendre en compte. 80% de la pollution du littoral vient de la terre, via essentiellement les fleuves. Un autre enjeu colossal est la pression humaine: le nombre d'habitants augmente deux fois plus vite dans les communes du littoral. Il faut articuler toute la ribambelle d'autorités du littoral avec ce qui se passe dans l'arrière-pays et jusqu'en haut des rivières. C'est une réalité qui n'a jamais été prise en compte.
Ce grenelle permettra-t-il de faire évoluer concrètement les choses?
Nous avons fait plein de propositions, beaucoup de pistes ont été soulevées. La balle est dans le camp du gouvernement. J'ai senti de la part de Jean-Louis Borloo une vraie envie d'avancer. Seul regret, en gros la question était:«Politique de la mer dans les 50 prochaines années, vous avez trois mois». C'est énorme. Il y a beaucoup de sujets sur lesquels on aurait pu être plus performants et plus pointus si on avait eu un peu plus de temps.
Lorient ville. Salon européen du littoral. L'érosion progresse