24 septembre 2009
Les vingt plus grandes économies de la planète réunies autour d'une même table : c'est aujourd'hui et demain, à Pittsburgh, à l'occasion du G-20. Les dirigeants doivent montrer, malgré leurs désaccords, qu'ils ont tiré les leçons de la crise.
Un peu plus d'un an après le début d'une débâcle sans précédent depuis 1929, les pays du G20 vont mesurer, aujourd'hui et demain à l'occasion du G-20, le chemin parcouru depuis leur dernier rendez-vous à Londres, en avril. Le monde était encore plongé en pleine récession, doutant d'un retour à la croissance à court ou moyen terme.
Pas d'unanimité
Depuis, les signes de reprise se sont multipliés et la question de la stratégie à mener pour assurer une sortie de crise se pose désormais. Elle ne fait pas l'unanimité. Plusieurs pays, dont les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne, dont les économies sont toujours dans le rouge et qui redoutent la montée du chômage, n'entendent pas baisser la garde. L'Allemagne réclame, en revanche, la fin des programmes de relance. La tentation est grande aussi, redoutent certains pays, de remettre à plus tard la réforme de la finance mondiale, pourtant jugée essentielle au printemps. «Il y a d'énormes résistances à réglementer les marchés financiers, les banques reproduisent des pratiques qui ont mené au récent chaos. Les banquiers continuent à être grassement rémunérés alors que des millions d'hommes et de femmes ont perdu leur emploi», a ainsi souligné, hier à la tribune de l'Onu, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva. La France et l'Allemagne ont déjà dénoncé cette semaine les groupes de pression à la City et à Wall Street qui opposeraient une «résistance» aux propositions de régulation du secteur financier.
Les USA réticents à la limitation des primes
La négociation reste délicate sur cette question tant les approches sont différentes. Les Européens veulent obtenir une limitation des primes des banquiers, qui alimentent la colère de l'opinion publique. Les Etats-Unis y sont opposés, soucieux de préserver les intérêts de leur puissante communauté financière, à l'instar de la Grande-Bretagne. Le président américain Barack Obama, qui préside son premier sommet international, a toutefois promis, hier, à la tribune de l'Onu, de «renforcer la réglementation de tous les centres financiers, de façon à mettre fin à la cupidité, aux excès et aux abus qui nous ont menés au désastre et éviter qu'une telle crise se reproduise jamais».
Les altermondialistes attendus
Au-delà des primes, les pays du G-20 doivent aussi se pencher sur les normes comptables qui régissent banques et entreprises -autre sujet de discorde entre Américains et Européens-, les paradis fiscaux, les fonds spéculatifs ou le rôle du Fonds monétaire international (FMI). Les pays émergents vont réclamer des aides financières pour les aider à lutter contre le réchauffement climatique. Pittsburgh se préparait également, hier, à recevoir des altermondialistes, qui ont prévu un rassemblement en fin de journée, avant la grande manifestation attendue vendredi.
«Il faut éviter qu'une telle crise se reproduise jamais.»