26 septembre 2009
Les Allemands votent demain pour des législatives qui devraient reconduire Angela Merkel à la tête de la première puissance économique européenne. Reste à savoir avec qui elle va s'allier...
Ça sera l'une ou l'autre. La favorite ou son challenger. La chancelière conservatrice Angela Merkel ou son ministre social-démocrate des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier. La seule incertitude ou presque d'une campagne «bonnet de nuit». Et pourtant, les occasions n'ont pas manqué ces trois dernières semaines de relancer les débats: la «bavure» aérienne en Afghanistan, le tabassage à mort d'un homme par de jeunes délinquants sur un quai de RER à Munich, le règlement de l'affaire Opel. Mais rien n'y a fait, l'élection-phare de la démocratie allemande n'a pas su passionner.
Esquiver toute polémique
A qui la «faute» ? D'abord à la Chancelière, soucieuse à tout prix d'esquiver toute polémique susceptible de diviser l'électorat. Angela Merkel, en «mère de la Nation», a scrupuleusement retenu les leçons de sa dernière campagne électorale. Face à Gerhard Schröder, la candidate CDU avait présenté un programme ambitieux de réformes libérales. Largement favorite en début de campagne, elle l'avait finalement emporté de peu. «En ces temps de crise et d'incertitudes, les électeurs refusent toute campagne agressive ou partisane», explique le politologue Christian Calliess, de l'Université Libre de Berlin.
Les oppositions anesthésiées
La situation politique du pays, dirigé depuis quatre ans par une «Grande Coalition», sorte de cohabitation à l'allemande, a d'emblée anesthésié les oppositions. Difficile pour les deux grandes formations de se reprocher le bilan d'un gouvernement auquel elles ont toutes deux participé. Seul remous dans la campagne: le débat télévisé a permis à Frank-Walter Steinmeier de faire valoir sa pugnacité. De quoi remonter dans les sondages mais pas de quoi, pour autant, lui donner de véritables espoirs de diriger demain le pays. Le risque est grand que son parti réalise, demain, son pire score de l'après-guerre, bien en dessous des 28,8% de 1953. Et grandes sont les chances des libéraux du FDP, de 12 à 14% dans les sondages, de revenir au pouvoir.
Une occasion pour l'extrême-gauche
A l'extrême-gauche de l'échiquier, «Die Linke» espère rafler les votes des victimes de la crise et des déçus du SPD. «C'est simple analyse Jochen Staadt, chercheur en sciences politiques, ce mouvement ressasse toujours le même thème depuis sa création avec l'alliance d'anciens communistes de RDA associés à des transfuges de la social-démocratie: les riches doivent payer pour les pauvres. La crise financière leur donne l'occasion inespérée d'apparaître comme des novateurs». Et de capitaliser à l'échelon national les succès engrangés au niveau local. Les trois élections régionales du 30août dernier les ont vu distancer leurs concurrents sociaux-démocrates, qui refusent a priori toute alliance nationale avec eux. Avec une telle zizanie dans le camp adverse, Angela Merkel peut attendre sereinement le dénouement de dimanche.
«En ces temps de crise et d'incertitudes, les électeurs refusent toute campagne agressive ou partisane.»
Brest ville. Chrétiens-démocrates. Nouveau nom et soutien affiché