16 novembre 2009 - 4 réactions
Cet été, les tarifs réglementés de l'électricité ont augmenté de 1,9% pour les particuliers. Ce n'est qu'une moyenne car la note peut se révéler en fait beaucoup plus salée. Petits consommateurs et clients Tempo sont les premiers visés.
Certains consommateurs risquent d'avoir une mauvaise surprise en découvrant leur prochaine facture d'électricité. La hausse globale de 1,9% des tarifs d'électricité présentée comme «modérée» par les pouvoirs publics et EDF a tout du trompe-l'oeil. En effet, cette moyenne peut être largement dépassée chez certains clients.
Augmentation de l'abonnement de 169% !
Outre sur le prix du kilowattheure consommé, c'est aussi sur le prix de l'abonnement que les hausses se font sentir. Et parfois de manière brutale. Ainsi, ceux qui ont opté pour la plus petite puissance possible (3kWh) et qui consomment peu d'électricité voient leur facture, à consommation égale d'une année sur l'autre, flamber de 10%. Pour la simple raison que l'abonnement passe pour eux de 24,84euros à 66,82euros par an. C'est une inflation de...169%. À l'inverse, les gros consommateurs voient le prix de leur abonnement annuel diminuer.
Les gros payaient pour les petits
Pour les 320.000 clients de l'option Tempo, les nouvelles ne sont pas très bonnes avec une augmentation moyenne de la facture de 5%. Mais, individuellement, les hausses peuvent aller bien au-delà de 20%. Les abonnés Tempo paient beaucoup plus cher les jours rouges quand le réseau électrique est très sollicité (l'hiver et le soir) et bénéficient d'un tarif très avantageux les jours bleus. L'abonné est prévenu au jour le jour du tarif qui lui est appliqué (bleu, blanc rouge). En plein hiver, et surtout par grand froid, cela suppose de bien maîtriser sa consommation d'énergie. C'est sur les tarifs bleus, les tarifs qui étaient donc les plus avantageux que les hausses sont les plus importantes: entre 20 et 22% d'augmentation. A EDF, on explique que cette refonte des tarifs était un rééquilibrage nécessaire. En somme, les gros payaient trop pour les petits. «L'objectif majeur était de réduire les inégalités entre clients. Certaines factures ne couvraient pas le coût réel de la fourniture et de l'acheminement de l'électricité consommée», souligne une porte-parole qui précise néanmoins que le tarif Tempo demeure avantageux «s'il est bien utilisé».
Pas d'information
Du côté des associations de consommateurs, on déplore avant tout le manque d'informations de la part d'EDF. «Les abonnés n'ont reçu aucune note explicative. On assiste à une refonte complète de la tarification sans information. Dans le privé, on appellerait cela un changement unilatéral de contrat», observe Caroline Keller de l'UFC-Que Choisir. Mais la représentante des consommateurs déplore surtout qu'EDF s'en prenne au tarif Tempo, «une formule que l'entreprise semble d'ailleurs chercher à mettre au placard». «La position d'EDF est surprenante car c'est un tarif écologique qui incite les consommateurs à faire l'effort de ne pas consommer en période de pointe. Ça permet, ainsi, de lisser la consommation d'électricité sur l'année et d'éviter de lancer des centrales de production complémentaires génératrices de C02.» «On s'attaque à des gens qui se sont engagés dans une démarche civique. C'est une arnaque. On a l'impression qu'EDF se comporte comme une entreprise qui a besoin de faire plaisir à ses actionnaires», s'insurge, pour sa part, le Finistérien Gérard Borvon, militant à l'association SeauS.
«C'est une arnaque. On a l'impression qu'EDF se comporte comme une entreprise qui a besoin de faire plaisir à ses actionnaires.»
