Ecologistes. Le choix d'Eva
Les Verts et Europe Ecologie ont lancé, samedi, Eva Joly dans la course à la présidentielle, après leurs trois Journées d'été à Nantes, également marquées par un Daniel Cohn-Bendit en retrait.
On l'appelait «Cruella» : dans les années9O, Eva Joly, la «juge venue du froid», était célèbre pour son acharnement. Loïc Le Floch-Prigent, l'ancien P-DG du groupe Elf, atteint d'une forme aggravée de psoriasis, disait avoir été maintenu sur son ordre pendant des heures sur un banc, sans un verre d'eau pour ses comprimés. Sa vieille maman m'écrivait de Guingamp des lettres poignantes : comment Eva Joly, après avoir laissé espérer la libération de son fils pour Noël, l'avait finalement gardé en prison... En 2002, Eva Joly finirait par quitter, brisée, le pays où elle arriva comme jeune fille au pair, laissant derrière elle le souvenir d'une Norvégienne incarnant un visage odieux de la Justice française : la culture de l'aveu.
Nouvelle donne
Huit ans plus tard, de retour de son fjord, Eva Joly, dans le rôle de la grand-mère, novice en politique, arrachée à sa maison familiale de l'île de Groix et venant, avec humour, s'excuser de son accent, suscite, chez les camarades Verts et Europe-Écologie, pourtant réputés «durs», une ovation «Eva, présidente !», qui l'émeut aux larmes. La presse française entière en est chavirée. Qu'est-ce qui plaît tant chez Eva Joly ? Son âge (66 ans), qui la rend moins redoutable pour l'avenir ? Le fait qu'elle ait su amadouer Cécile Duflot - qui pourrait être sa fille - plutôt que la défier, comme l'imaginaient leurs camarades masculins ? Sa soumission aux oukazes «de gauche » sur la retraite à 60 ans ? Ou bien sa croisade contre les paradis fiscaux ? Car la crise a dressé contre un capitalisme dévoyé tout un pan de l'électorat - cadres supérieurs, classes moyennes - qui votait, il y a encore huit ans, à droite ou au centre.
Nouvelle gauche
Alors pourquoi Daniel Cohn-Bendit, 68ans, qui a fait d'Eva Joly la nouvelle star des écolos, semble-t-il si déçu ? «Baby-blues », comme le suggère Noël Mamère ? Crainte de voir s'écrouler la «maison commune » dont il rêvait ? Le héros de Mai 68, naguère qualifié par le communiste Georges Marchais de «juif allemand», a toujours détesté la «gauche stalinienne». Résolument européen, adepte d'une mondialisation écolo, il est plus «libertaire» que Cécile Duflot, Jean-Vincent Placé et la jeune génération des Verts. Sa «maison» à lui ressemblerait plutôt au rassemblement organisé, l'été dernier à Marseille, par le socialiste Vincent Peillon avec Marielle de Sarnez (bras droit de François Bayrou), la radicale Christiane Taubira et l'ex-communiste Robert Hue. On pourrait y ajouter des socialistes réformateurs comme François Hollande ou Dominique Strauss-Kahn, que les sondages plébiscitent. Car la partie n'est pas finie : à la veille de l'université d'été PS de La Rochelle, Martine Aubry perd 13 points. «Voilà, suggère Dany à Eva, où mène la gauche sectaire».
6 réactions
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jacquot29
Les verts, ça ne doit déranger personne ?
Pour les conservateurs, une opposition est acceptable dans la mesure où elle ne dérange pas, parce qu'elle ne remet rien fondamentalement en cause. Une opposition décorative, en quelque sorte, pour la forme, et consensuelle surtout.
Voilà pourquoi Dominique Strauss-Kahn par exemple, est le chouchou de la droite, et Daniel Cohn-Bendit pas loin derrière... Le premier, qui, très loin de la France, dirige d'une main de fer la politique de restrictions du FMI contre les classes moyennes de certains pays (Grèce, Roumanie, par exemple) et le deuxième, ardent partisan d'une Europe au capitalisme débridé, et d'une société libérale très au centre, qui ne sort de son placard doré de Bruxelles une fois de temps en temps, que pour venir donner des leçons de morale ultralibérale à la France...
Les deux personnages portent d'ailleurs jusqu'à leur apparence physique ce centre mou dont ils sont l'émanation et qui les motive...
Il semblerait que les verts aient choisi des gens un peu plus vifs et un peu moins consensuels pour les représenter maintenant. Aussitôt pleuvent sur Eva Joly les soupçons de cruauté mentale, ("Cruella") les quolibets, les caricatures, jusqu'à la xénophobie par les clichés (le fjord, l'accent)... Cette réaction des conservateurs est bon signe : les verts commenceraient-ils enfin à incarner une véritable opposition ? Malheureusement on peut en douter tant ce mouvement est une juxtaposition de personnalités et de tendances hétéroclites et antagonistes... Beaucoup de gens aussi militent "chez les verts"comme on va aux activités de patronage, pour des raisons très superficielles et avec des ambitions qui ne le sont pas moins : des histoires d'engrais, de petites fleurs des champs, de vélo, de poubelles séparées et de panneaux solaires ; bref, rien de bien motivant...
Il reste à voir maintenant si une forte personnalité ou deux arriveront à remuer cette masse polymorphe qu'on appelle les verts, et qui font en général plutôt penser à du compost qu'à une force politique.
Ajouté le 23 août 2010 à 10h53
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Patrice22
Patrice
Quelle perverse méchanceté en effet qu'avoir obligé quelqu'un à rester assis « pendant des heures sur un banc » !
On voudrait que tous les mis en examens de France, anciens PDG ou pas, aient à faire à des juges aussi... « cruels ».
Ajouté le 25 août 2010 à 12h06
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Région-Nation-Europe
Manoeuvres
Pour s'assurer d'être présent au second tour, le PS a certainement dû négocier avec les Verts pour qu'ils présentent une candidature qui va faire un score affligeant.
On va se marrer quand Eva Joly va devoir "négocier" avec DSK qu'elle a mis en examen...
Ajouté le 27 août 2010 à 11h36
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jeanot
destin des verts
La course est donc partie officiellement et le maillot vert déjà désigné. C'est celui qui ne rapporte que des points et dont tout le monde oublie le nom du porteur le jour de l'investiture suprême. Le candidat remporte quelques étapes de début de course et s'essouffle ensuite dans les moments de vérité. C'est ce qui va arriver à Eva Joly, elle a déjà mis le grand braquet et va se "cramer" dans quelques sprints alors que tout les gros bras restent planqués dans le peloton.
Par ailleurs, son équipe est vraiment un assemblage fourre-tout de seconds couteaux, de ce vieux routard de Cohn-Bendit trop malin pour aller se frotter au peloton des cadors et qui se contentera de son fauteuil à vie de député européen et de son rôle de roquet mordeur de mollets. Une autre égérie des verts a failli prendre le relais, mais, fine mouche, elle a vu le piège et garde ses ardeurs pour d'autres combats.
Les autres vedettes des verts ont disparu. Elles se sont déjà tellement égarées en vain sur de fausses pistes qu'elles gardent leurs dernières cartouches pour leurs cartes "perso" dans leurs mandats locaux.
Grand-mère va donc se retrouver bien vite seule à prendre le vent. Au dernier moment, elle fera le métier pour le maillot jaune qui aura besoin des ses troupes dans la ligne droite finale et remisera la bécane au clou. Pour retourner planter ses choux, c'est l'éternel destin des verts.
Ajouté le 23 août 2010 à 12h29
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jeanot
Hôtel du nord
La course est donc partie officiellement et le maillot vert déjà désigné. C'est celui qui ne rapporte que des points et dont tout le monde oublie le nom du porteur le jour de l'investiture suprême. Le candidat remporte quelques étapes de début de course et s'essouffle ensuite comme un phoque dans les moments de vérité. C'est ce qui va arriver à Eva Joly, elle a déjà mis le grand braquet et va se "cramer" dans quelques sprints alors que tout les gros bras restent planqués dans le peloton.
Par ailleurs, son équipe est vraiment un assemblage fourre-tout de seconds couteaux, de ce vieux routard de Cohn- Bendit trop malin pour aller se frotter au peloton des cadors et qui se contentera de son fauteuil à vie de député européen et de son rôle de roquet mordeur de mollets. Une autre égérie des verts a failli prendre le relais, mais, fine mouche, elle a vu le piège et garde ses ardeurs pour d'autres combats.
Les autres vedettes des verts ont disparu. Elles se sont déjà tellement égarées en vain sur de fausses pistes qu'elles gardent leurs dernières cartouches pour leurs cartes "perso" dans leurs mandats locaux.
Grand-mère va donc se retrouver bien vite seule à prendre le vent. Au dernier moment, elle fera le métier pour le maillot jaune qui aura besoin des ses troupes dans la ligne droite finale et puis épuisée, elle s'en retournera dans son pays, au bercail, hôtel du nord. Un triste film.
Ajouté le 23 août 2010 à 09h30
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jeanot
Hôtel du nord
La course est donc partie officiellement et le maillot vert déjà désigné. C'est celui qui ne rapporte que des points et dont tout le monde oublie le nom du porteur le jour de l'investiture suprême. Le candidat remporte quelques étapes de début de course et s'essouffle ensuite comme un phoque dans les moments de vérité. C'est ce qui va arriver à Eva Joly, elle a déjà mis le grand braquet et va se "cramer" dans quelques sprints alors que tout les gros bras restent planqués dans le peloton.
Par ailleurs, son équipe est vraiment un assemblable fourre-tout de seconds couteaux, de ce vieux routard de Cohn- Bendit trop malin pour aller se frotter au peloton des cadors et qui se contentera de son fauteuil à vie de député européen et de son rôle de roquet mordeur de mollets. Une autre égérie des verts a failli prendre le relais, mais, fine mouche, elle a vu le piège et garde ses ardeurs pour d'autres combats.
Les autres vedettes des verts ont disparu. Elles se sont déjà tellement égarées en vain sur de fausses pistes qu'elles gardent leurs dernières cartouches pour leurs cartes "perso" dans leurs mandats locaux.
Grand-mère va donc se retrouver bien vite seule à prendre le vent. Au dernier moment, elle fera le métier pour le maillot jaune qui aura besoin des ses troupes dans la ligne droite finale et puis, épuisée, elle s'en retournera dans son pays, au bercail, hôtel du nord. Un triste film.
Ajouté le 23 août 2010 à 08h42
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