17 mars 2010 - 2 réactions
«Les gens appellent dans nos permanences? Ça bouge! Ils sentent que l'on peut gagner!». Hier soir, au Faou (29), BernadetteMalgorn était sur un petit nuage: ses adversaires lui ont offert, sur un plateau, un scénario encore inimaginable il y a deux jours. Une triangulaire qui la remet complètement en selle pour le second tour! Elle aurait voulu le faire exprès qu'elle n'aurait pas fait mieux. Les 24% de voix de BernadetteMalgorn sont quasiment un score idéal. Au dessous, elle tirait un trait sur toutes ses chances. Au-dessus de 25%, elle aurait franchi un seuil psychologique qui aurait forcé ses adversaires à fusionner et qui la condamnait donc à faire de la figuration pour le second tour. Comme un coureur lâché dans le Tour de France, la chef de file de la droite s'est fait oublier. Et devant, les deux échappés se sont tellement neutralisés que c'est la distancée du premier tour qui, aujourd'hui, revient en trombe dans une sorte de version électorale du jeu à -qui-perd-gagne.
Mobiliser la droite
Le PS et Europe Écologie se sont-ils vus trop beaux? Certes, l'arithmétique du premier tour plaide pour une victoire finale de la gauche. Mais que sont les150.000 voix d'avance de Jean-Yves Le Drian sur Bernadette Malgorn quand on sait qu'il y a eu un million d'abstentionnistes au premier tour, en Bretagne, ou que des listes à électorat fluctuant, comme celles du MoDem, des agriculteurs ou du Front national, pèsent plus de160.000voix? Hier soir, Bernadette Malgorn n'avait pas besoin de sortir sa calculette pour répéter que «tout est jouable» et qu'il lui faut mobiliser la droite bretonne, qui a boudé le premier tour. «Parce que, dit-elle, les gens de droite sont lassés d'aller voter en Bretagne pour des défaites à répétition. Il faut qu'ils sachent que cette fois, on peut gagner», lance la tête de liste en indiquant qu'elle ne fera pas appel aux états-majors pour venir animer les derniers jours de campagne. «Ce sont les Bretonnes et les Bretons, dit-elle, qui doivent se mobiliser».
Meeting régional aux portes de Brest...
La candidate de la Majorité présidentielle envoyait, hier, des messages tous azimuts. En direction des agriculteurs et de la liste Terres de Bretagne auxquels elle promet «un pacte de confiance» si elle préside la Région, aux centristes parce que, rappelle-t-elle, «je suis moi-même issue de la démocratie chrétienne et du gaullisme social», mais aussi en direction «de ceux qui, par désarroi, ont voté pour le Front national». En rappelant qu'elle est favorable à la réforme des collectivités et à la clarification des compétences entre Région et Département, BernadetteMalgorn va mener ces derniers jours de campagne au pas de charge. Avec un meeting régional jeudi soir à Plougastel-Daoulas, aux portes de Brest. La ville qui a battu le record d'abstention du premier tour en Bretagne... Et paradoxalement, voilà l'une des grandes battues du premier tour se retrouvant au coeur d'un scénario inattendu qui propulse la Bretagne parmi les régions-phares du second tour.