22 mars 2008
La dissuasion nucléaire reste le fer de lance de l'armée française. Et la présentation du SNLE-NG (*) Le Terrible, hier, en est l'illustration. Nicolas Sarkozy souhaite cependant ajuster cette force aux réalités du moment.
Pour son premier grand discours sur les questions militaires depuis son entrée à l ' Elysée, Nicolas Sarkozy a confirmé lors d ' une présentation du Terrible, dernier-né des s ous-marins nucléaires lanceurs d ' engins français, son attachement à la dissuasion nucléaire, qualifiée d' « assurance-vie de la nation » .
« Tous ceux qui menaceraient de s ' en prendre à nos intérêts vitaux s ' exposeraient à une riposte nucléaire sévère, entraînant des dommages inacceptables pour eux, hors de proportions de leurs objectifs » , a fermement rappelé le président de la République . Au titre de ces menaces, il a cité en premier lieu l ' Iran, qui développe « des capacités balistiques » et dont le programme nucléaire suscite « de graves soupçons » . « C ' est bien la sécurité de l ' Europe qui est en jeu » , a-t-il jugé.
Une dissuasion commune
à l'Europe ?
Et à ce propos Nicolas Sarkozy a proposé aux partenaires européens un dialogue sur le rôle de la dissuasion nucléaire française et sa « contribution à la sécurité commune ». Il a qualifié cette proposition « d'expression naturelle de notre union toujours plus étroite » dans le droit fil de la récente signature du traité de Lisbonne sur les institutions européennes.
Moins de têtes nucléaires
Malgré ces dangers, le président a plaidé pour un nécessaire « ajustement » de l ' outil nucléaire français, selon un « principe de stricte suffisance » . La France « maintient son arsenal au niveau le plus bas possible, compatible avec le contexte stratégique » , a-t-il expliqué. C ' est ainsi que sa composante nucléaire aéroportée sera réduite « d ' un tiers » , a annoncé Nicolas Sarkozy. « Après cette réduction, notre arsenal comprendra moins de 300 têtes nucléaires » , a dévoilé le Président au nom de la « transparence » , rompant avec le secret absolu qui protégeait jusque-là ce chiffre, estimé par un collectif de scientifiques américains à 348.
Des choix dans le budget
Louant l ' attitude, selon lui « exemplaire » , de la France en matière de désarmement nucléaire, le chef de l ' Etat a invité le reste du monde à s ' engager « résolument » sur cette voie au nom de la « réciprocité » .
Même s ' il a exclu « absolument de baisser la garde » et renouvelé « solennellement » son engagement de ne pas réduire le budget de la défense, le chef de l ' Etat a insisté sur la situation financière « plus que difficile » qui pèse sur les armées. « Le budget de la Défense est le deuxième budget de l ' Etat, il le restera, il ne baissera pas . (...) mais je proposerai des choix trop longtemps occultés propres à concilier la protection des Français, l ' indépendance du pays et sa souveraineté financière » . Verdict dans quelques semaines lors de la remise du Livre blanc sur la défense.
* Sous-marins nucléaires lanceurs d'engins, de nouvelle génération.

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