21 octobre 2009
Le projet de réforme des collectivités rencontre une forte opposition, à gauche surtout. Quelques voix s'élèvent aussi au sein de l'UMP contre ce projet. Le parti majoritaire doit d'ailleurs organiser un vote interne sur ce sujet.
Jean-Louis Bianco (PS), député et président du conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, a estimé hier que la réforme voulue par le chef de l'Etat est «stupide, illisible, impraticable (...). Les métropoles vont être d'immenses machins (...). Ce qui est typique, c'est qu'on s'en prend aux collectivités locales qui, elles, sont bien gérées parce que l'Etat, lui, est incapable de bien gérer». Même son de cloche du côté de François Rebsamen, sénateur-maire PS de Dijon (Côte-d'Or) pour qui «Nicolas Sarkozy ne supporte pas l'existence de contre-pouvoirs locaux et veut donc démanteler la décentralisation pour tenter de mettre la main sur les collectivités territoriales (...). Ce projet de loi vise véritablement à réduire le nombre de collectivités gérées majoritairement par la gauche. Il nous faut donc combattre ce projet de loi».
Gérard Collomb plutôt pour
L'ancien Premier ministre socialiste, Laurent Fabius, a demandé hier, depuis le siège du PS à Paris, que la réforme présentée par Nicolas Sarkozy, soit soumise à un référendum. Le maire PS de Lyon, Gérard Collomb, juge à l'inverse que la réforme des collectivités locales est «trop belle pour être gâchée par des arrière-pensées électoralistes». Il pense qu'«il y a des points positifs dans la réforme» citant notamment «la possibilité de faire des métropoles multimodales, qui doivent permettre à la France de rayonner à l'échelle européenne». Le Parti communiste français estime, lui, qu'à travers la réforme des collectivités, «c'est la France des décrets et des préfets que veut le président (...). Il affirme vouloir en finir avec ?l'empilement des structures? mais agit en fait pour éloigner la pratique du pouvoir des populations.» Concernant l'économie engendrée par la réforme, le PCF se montre également très critique: «La part des élus départementaux et régionaux dans le budget des collectivités est de seulement0,04%!»
«Nous irons au bout»
Jean-Michel Baylet, président du Parti radical de gauche place le débat au niveau de l'Europe. «Alors que tous nos voisins européens avancent chaque jour vers une organisation institutionnelle plus décentralisée, le pouvoir se lance dans une opération de recentralisation et de reprise en main des collectivités locales (...). Nous n'accepterons pas de passer le cou dans le noeud coulant de cette réforme en silence.» Dans le camp de la majorité, la réforme est aussi contestée par bien des membres de l'UMP. Xavier Bertrand, a indiqué que les militants seraient consultés sur cette question lors d'un vote interne. Il a jugé «normal» qu'un débat ait lieu sur cette réforme qui inquiète la majorité. Xavier Bertrand n'a pas précisé les modalités ni la date de cette consultation.
