7 décembre 2009
>> L'analyse de Christine Clerc
>> Le sommet de Copenhague, infos pratiques
Limiter à deux degrés la hausse de la température moyenne à la surface de la Terre: c'est l'objectif affiché de ce sommet de Copenhague. Mais si cet objectif, qui passe forcément par une réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre, est aujourd'hui largement partagé, la répartition des efforts nécessaires pour y parvenir est loin de faire l'unanimité. Pas moins d'une centaine de chefs d'Etat ou de gouvernement sont attendus lors de ce rendez-vous danois. Au total, quelque 192 pays seront représentés autour de la table des négociations. Reste que l'objectif affiché du sommet paraît déjà peu réaliste au vu des engagements. Pour espérer rester sous la barre des deux degrés, les scientifiques rappellent inlassablement l'équation: diviser par deux, d'ici à 2050, les émissions mondiales de gaz à effet de serre, issues pour l'essentiel de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz.
Le compte n'y est pas
A ce jour, le compte n'y est pas. «Il y a une incohérence entre l'objectif de long terme que l'on retient et les chiffres à court terme que l'on est en train d'inscrire dans un accord international», résume Emmanuel Guérin, de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri). Mis bout à bout, les engagements annoncés à ce jour par les pays industrialisés à l'horizon 2020 représentent une baisse de 12% à 16% de leurs émissions par rapport à 1990, loin de la fourchette de 25% à 40% mise en avant par les scientifiques pour se placer sur la bonne trajectoire.
+3,5º C au lieu de+2ºC
Concrètement, en l'état actuel des négociations, la trajectoire s'oriente sur +3,5 degrés d'ici à la fin du siècle, selon une étude publiée samedi par l'ONG scientifique allemande Climate Analytics. Le prix à payer se traduirait alors par l'effondrement des productions céréalières, des extinctions massives d'espèces, la montée des océans et la migration forcée de centaines de millions de personnes, chassées par les inondations, les sécheresses et les pénuries.
Des signaux encourageants
Pour l'éviter, les dernières semaines ont apporté quelques signaux encourageants, avec les premiers engagements chiffrés des Etats-Unis, la Chine et de l'Inde. Mais tandis que les émissions mondiales de gaz à effet de serre n'ont jamais été aussi élevées, la négociation reste tendue. Les grands pays émergents, Chine et Inde en tête, soulignent régulièrement la «responsabilité historique» des pays industrialisés dans le réchauffement. Au-delà de cette arithmétique climatique, l'enjeu est de favoriser, grâce à des transferts de fonds et de technologie, l'émergence pour les pays du Sud d'un nouveau modèle de développement, moins gourmand en combustibles fossiles qui celui des pays du Nord. Mais faute de temps, un traité ne pourra être conclu à Copenhague: les négociateurs visent désormais un ensemble de décisions politiques, dont certaines avec applications immédiates. www.copenhague-2009. com
