29 janvier 2010 - 3 réactions
>> L'analyse politique d'Hubert Coudurier
Relaxé dans l'affaire Clearstream par le tribunal correctionnel de Paris, Dominique de Villepin savourait, hier, sa victoire face à Nicolas Sarkozy, son principal adversaire (lire ci-dessous). «Après plusieurs années d'épreuve, mon innocence a été reconnue», s'est réjoui l'ancien Premier ministre, tout en saluant «le courage du tribunal qui a su faire triompher la justice et le droit sur la politique». «Je n'ai aucune rancoeur, aucune rancune. Je veux tourner la page», a assuré sous les applaudissements l'ancien diplomate, qui jouait sur cette affaire son avenir politique.
Histoire de manipulation
L'affaire Clearstream est une vaste histoire de manipulation dans laquelle des listings bancaires ont été falsifiés et transmis à un juge afin de faire croire que plusieurs personnalités, dont Nicolas Sarkozy, détenaient des comptes occultes à l'étranger. Dans ses réquisitions, le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, avait requis à l'encontre de l'ancien Premier ministre une peine de 18 mois de prison avec sursis et 45.000euros d'amende.
«Instrumentalisé»
Hier, la 11e chambre, présidée par Dominique Pauthe, a estimé qu'il n'était pas démontré que Dominique de Villepin «ait eu connaissance de la fausseté des listings». Considérant qu'il avait été «instrumentalisé» par l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, elle a jugé que Dominique de Villepin ne s'était pas rendu coupable de «complicité de dénonciation calomnieuse» et ne pouvait être «que relaxé». Les magistrats l'ont toutefois égratigné, dans leurs attendus. Ainsi, alors que l'ancien diplomate a toujours nié s'être recommandé de Jacques Chirac dans cette affaire, le tribunal a estimé qu'il était «établi qu'il s'était prévalu de telles instructions». Les magistrats en ont profité pour épingler plusieurs autres mensonges, avérés, selon eux. Selon le tribunal, l'intervention de Dominique de Villepin lors du placement en garde à vue d'Imad Lahoud, le 25mars 2004, «reflète (son) état d'esprit à cette époque, à savoir son souci de ménager et de protéger une source susceptible de contribuer à la manifestation de la vérité relative à un réseau de corruption, pressentant l'avantage politique qu'il pourrait tirer de cette révélation, dans un contexte de rivalité notoire au sein du gouvernement.»
Prison ferme à Gergorin et Lahoud
Six ans après le début de cette affaire, c'est Jean-Louis Gergorin qui apparaît comme le cerveau du complot. Il a été condamné à 15 mois de prison ferme. Le mathématicien Imad Lahoud a, lui, été jugé coupable de «complicité», il a écopé de 18 mois ferme.
Denis Robert relaxé
L'ancien auditeur Florian Bourges s'est vu infliger une peine de quatre mois de prison avec sursis, tandis que Denis Robert a été relaxé. Le tribunal a jugé que les poursuites contre le journaliste étaient incompatibles avec la Convention européenne des Droits de l'Homme garantissant la liberté d'expression.
| Relaxé dans l'affaire Clearstream. Villepin sera-t-il candidat à l'élection présidentielle ? |
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29 janvier 2010
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