27 octobre 2009
Le gouvernement envisage de fermer les blocs opératoires réalisant moins de 1.500 inter- ventions par an, pour, selon lui, améliorer la «sécurité» des patients. La Bretagne semble épargnée par ce projet qui ne convainc pas tous les acteurs.
Le gouvernement projette de fermer ou de «réorganiser» des blocs opératoires réalisant moins de 1.500 interventions dans l'année (*) Même régime pour les maternités accueillant moins de 100 séjours annuellement.
«On a de la marge»
Tant les hôpitaux publics que les cliniques privées seraient actuellement au-dessus de ces seuils en Bretagne, le «ménage» ayant déjà été fait dans notre région. «On a anticipé le mouvement par rapport à d'autres régions», souligne Claudine Galeron, secrétaire générale de l'Union régionale de la CFDT-Santé. «Les niveaux d'activité des établissements tournent plutôt autour des 2.000 à 2.500 interventions. On a donc de la marge. Ceci étant, ce n'est que partie remise. On sent bien que quatre à cinq établissements de petite taille sont dans le collimateur.» Et de citer les hôpitaux de Landerneau, Douarnenez, Ploërmel, Fougères et Redon, «qui sont en train de se fédérer dans le cadre de comités de territoires intercommunaux actuellement». Carhaix, déjà rattaché à Brest, n'est pas concerné par le seuil évoqué.
«Petits mais pas dangereux»
Le syndicat craint que le gouvernement n'augmente encore le niveau d'objectifs ou les seuils de sécurité. «Nous en sommes à 1.500 interventions minimum, mais pourquoi pas 2.000 ou 2.500 dans un ou deux ans ? A chaque fois, on s'appuie sur des exigences de sécurité. On peut très bien comprendre qu'un chirurgien qui pratique beaucoup d'opérations maîtrise mieux la technique qu'un collègue moins sollicité. Mais ce n'est pas pour cela que les petits établissements sont dangereux. Ils ne font en effet que de la petite chirurgie, de niveau 1, c'est-à-dire qui ne nécessite pas de service de réanimation ou de soins continus.»
Inquiétude pour les usagers
Sans ignorer les restructurations qui affecteront inévitablement le personnel, la CFDT affirme s'inquiéter principalement pour les usagers : «Ils devront être mobiles et faire des kilomètres, ainsi que leur famille. C'est en pleine contradiction avec les préoccupations de développement durable. Mais aussi avec la loi de financement de la Sécurité sociale qui veut inciter à une meilleure organisation des transports sanitaires, les dépenses étant en train de flamber sur ce point. Mais comment pourrait-il en être autrement à partir du moment où on ferme des établissements ou services de proximité ? A moins que l'on augmente la part de l'usager dans la prise en compte de ces déplacements ?».
(*) ce seuil ne serait pas appliqué avant l'été 2010
«On a anticipé le mouvement par rapport à d'autres régions.»
