15 juin 2009
Le bac s'adapte. Reconquête du dernier trimestre oblige, ce n'est que jeudi que débuteront, avec la philosophie, les épreuves. Autre changement généralisé cette année: tous les lycées deviennent centres d'examen.
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Les quelque 30.000 Bretons qui tenteront de décrocher le baccalauréat cette année vont bénéficier de quelques jours supplémentaires pour réviser. Jamais les épreuves de philosophie, qui donnent le coup d'envoi du bac, n'avaient commencé si loin dans le mois de juin: deux jours plus tard qu'en 2008 et sept plus tard qu'en 2007. Ce nouveau calendrier fait partie d'un ensemble de mesures qui visent à reconquérir, comme dit le ministre, le troisième trimestre.
Résultats «très positifs»
Sujet de polémique récurrent, ce troisième trimestre va-t-il enfin devenir un vrai trimestre comme le demandent depuis longtemps les parents d'élèves? Finies les vacances anticipées? Il faudra voir mais le recul du démarrage des épreuves du bac doit normalement permettre de prolonger un peu l'année scolaire. Une année qui se terminait début juin, voire fin mai pour ceux qui ne passaient pas le bac. Outre ce recul du début des épreuves, qui a concerné dès 2007 toutes les académies, plusieurs autres mesures ont été testées l'an dernier dans quatre académies (Amiens, Besançon, Dijon et Rouen). Elles sont généralisées cette année à l'ensemble du territoire, le ministère ayant jugé les résultats de cette expérimentation «très positifs». L'objectif de ces dispositions est d'arriver à un déroulement simultané des épreuves du bac, des cours et des conseils de classe. Ainsi, cette année, histoire aussi de maintenir la pression sur les élèves, les conseils de classe des collèges et des secondes des lycées ne commenceront pas avant aujourd'hui.
189 centres d'examen
Première condition pour que les professeurs restent devant leurs élèves, il fallait les exempter des tâches de surveillance des candidats. Ce ne sera pas encore totalement le cas mais, affirme le ministère, «la surveillance sera majoritairement assurée par des personnels non-enseignants». Poursuivre les cours supposait aussi que les salles ne soient pas toutes occupées par les candidats au bac. La solution choisie a été d'augmenter le nombre des centres d'examen. En Bretagne, quasiment tous les lycées publics et privés sont centres d'examen pour les épreuves écrites, soit 121 pour le bac général et technologique et 68 pour le bac professionnel. Les candidats passeront les épreuves écrites dans leur établissement. Avec à la clé, peut-être moins de stress. Moins de problèmes de transport aussi pour certains. Les épreuves orales restent, en revanche, en partie regroupées.
Charge de travail alourdie
Si le ministère se félicite des résultats de l'expérimentation réalisée l'an dernier, le point de vue des enseignants, sans être forcément négatif, est quand même plus nuancé. Le SNES de l'académie de Dijon, qui figurait parmi les académies qui ont expérimenté le nouveau système, explique que la reconquête est finalement très limitée. «Dans de nombreux établissements, les cours de seconde se sont arrêtés le 15juin et non pas le 20», écrit-il sur son site. Une autre critique concerne la charge de travail alourdie pour les professeurs, lesquels doivent à la fois corriger les copies du bac, assurer les cours et participer aux conseils de classe. Une surcharge de travail qui a toutefois été compensée par une meilleure rémunération de la correction qui passe de 1,06euro à5euros par copie.