7 janvier 2012
Le Baromètre mondial du vol dans le commerce et la distribution (*) estime à près de cinqmilliards d'euros la «démarque inconnue» dans les magasins français. Par ce terme, on désigne les vols commis par les clients, les salariés et les fournisseurs, ainsi que les erreurs de gestion dans les stocks. 2011 a connu une augmentation de 2,9% de la démarque, soit un «prélèvement» de 1,40% sur le chiffre d'affaires de la distribution. C'est l'équivalent d'une taxe moyenne de 200EUR par foyer français.
Pourquoi le fromage?
Selon le baromètre précité, «le vol par les clients représente une part toujours plus importante de la démarque inconnue (44%), les vols perpétrés par le personnel (30,1%) poursuivent leur baisse amorcée en 2010, tandis que ceux imputables aux fournisseurs (7,2%) sont en légère reprise». La faute à la crise et aux difficultés rencontrées par les ménages pour boucler leur budget? «Difficile à dire, explique le directeur d'une grande surface bretonne. Il faut déjà avoir réussi à appréhender le voleur et ensuite à obtenir des explications... Nous, on mesure essentiellement les vols au moment de l'inventaire». Et là, on découvre que dans les rayons alimentaires, ce sont les fromages qui sont les plus prisés des voleurs. Les patrons de supermarchés hésitent: «Le fromage est peut-être plus facile à voler parce que l'on n'y place pas de sécurité? C'est aussi sans doute en raison de la hausse des produits laitiers...». Les produits de première nécessité seraient-ils les premiers à être dérobés? Pas vraiment, puisqu'en deuxième position arrivent les produits de rasage. «Ce sont généralement des vols organisés par des filières des pays de l'Est», affirme le patron d'une supérette. Viennent ensuite les accessoires de mode, (rouge à lèvres,etc.), les parfums et les vêtements. Explication avancée par un commerçant lorientais:«En période de crise, on achète le nécessaire et on vole le superflu». Superflu ou non, le secteur du textile est aussi très touché par les vols qui connaissent une augmentation de 4% en un an.
Et pourquoi pas une petite boîte de caviar...
Pendant les fêtes, les voleurs s'en sont donné à coeur joie. «Dès qu'on tournait la tête, certains en profitaient», explique la vendeuse d'une alimentation de luxe du Morbihan. «C'est un peu comme s'ils se disaient "j'achète cher cette confiture, je peux donc me permettre de prendre cette terrine de foie gras ou cette boîte de caviar"». Des petits larcins commis par des clients inconnus? «Même pas. Ça peut être des gens qu'on voit régulièrement ou même leurs enfants». À quelques rues de là, dans le supermarché voisin, le vigile n'a pas non plus chômé dans les allées: «Ici, ce sont plutôt les jeunes en petite bande qui viennent dérober des boissons alcoolisées. Mais parfois, on tombe sur des gens qui volent juste un sachet de thé par exemple... Pendant les vacances de Noël, je ne sais pas si les gens volent davantage, mais ce qui est sûr c'est qu'ils sont davantage à voler».
* Le baromètre est le fruit d'une enquête menée par le Center for retail research, organisation spécialisée dans la recherche et le conseil pour le secteur du commerce et de la distribution.

26 mai 2012

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